Que garder de 2019 ?

Parterre de cyclamens de Naples à proximité des remparts de Crémieu
Parterre de cyclamens de Naples à proximité des remparts du village médiéval de Crémieu, octobre 2019

Je n’avais pas vraiment prévu ce billet. J’ai commencé à le rédiger sans trop savoir ce que j’allais y dire, ni si je le publierais. Et puis les phrases ont commencé à s’enchaîner, et il semble au final que j’avais besoin de laisser sortir pas mal de trucs pour pouvoir clore cette drôle d’année.

Il en ressort une grosse tartine émotionnelle, pour emprunter les mots de Marie, sans doute beaucoup trop longue et pas très structurée, où je vous parle en vrac de voyage, d’écologie, de colère, de plants de courgettes et de fleurs de basilic, de créativité, et de l’adoption d’un petit chat noir et d’un petit chat roux il y a maintenant un peu plus de dix ans ♥︎

Mauve des bois, au bord d'un chemin bétonné Pissenlit au milieu de la forêt Les jolies feuilles de fougères

Autant dire les choses franchement: à certains égards, 2019 a été pour moi une année plutôt naze. Dieu sait si je ne me sens pas légitime à me plaindre, dans mon joli appartement confortable et bien chauffé, avec mes placards remplis de nourriture saine, mon mari attentionné et mes petits chats mignons. Ma vie est belle, j’en ai conscience chaque jour. Et j’aimerais pouvoir dire que ça suffit pour que tout aille toujours bien, mais en réalité, c’est évidemment faux.

En 2019, il y a eu beaucoup de stress et de questionnements professionnels, auxquels je n’ai d’ailleurs toujours pas trouvé de réponses claires. Il y a eu aussi tous ces frais médicaux, pour n’aboutir qu’à des diagnostics d’exclusion sans véritable solution. C’est à la fois rassurant de ne souffrir de rien de grave, et frustrant de ne pas trop savoir comment aller mieux, puisqu’en théorie tout va bien. J’ai l’impression nette que mes petits soucis de santé et la difficulté à gérer mon stress et mon anxiété vampirisent la plus grande partie de mon énergie depuis plus d’un an. Quand je pense à 2019, c’est ça qui me vient à l’esprit en premier.

Heureusement, chaque journée difficile, chaque crise de larmes et chaque crise d’angoisse a également été l’occasion de me rappeler de la chance que j’ai. La chance de partager ma vie avec le meilleur compagnon, de bien m’entendre avec ma famille, d’avoir de rares mais précieuses amies à qui je peux me confier. La chance d’avoir de l’espace pour exprimer mes émotions même quand elles sont négatives, et les ressources pour essayer d’aller de l’avant.

Au milieu de tout ça, comme toujours, il y a eu ces petits instants qui illuminent le quotidien. Les petits déjeuners dans la vieille ville, les balades au bord du lac et celles dans la forêt; la bière savourée dans l’herbe pour célébrer l’arrivée des vacances; beaucoup de photos de fougères et de petites fleurs; les plants de tomates et de courgettes que j’ai offerts autour de moi, la petite pilea reçue de ma collègue; une unique sortie avec le petit voilier, la dernière pour nous, merci petit bateau pour les doux moments que tu nous as offerts; les « portes ouvertes » du Tierarche où nous avons emmené mes beaux-parents pour voir les vaches libres et déguster un bon burger végétalien, et tant pis pour la subtilité; ce café instantané trop amer, sur la terrasse de notre logement vénitien, la veille de mon anniversaire; quelques très bons films, quelques très bons livres et d’autres très très nuls; les restos avec les copines, les brunch avec ma famille.

Et enfin, pour conclure l’année, la plus douce des nouvelles: quelques jours après mon anniversaire, ma petite sœur et son amoureux nous ont appris qu’ils attendaient leur premier enfant, le début d’une nouvelle génération dans ma famille; quelques jours avant Noël, ils m’ont demandé si je souhaitais en être la marraine – et alors autant je ne veux pas d’enfants, autant je me réjouis de rencontrer mon ou ma filleul·e ♥︎

Petit déjeuner dans la vieille ville de Bienne Alignements de mouettes sur la passerelle de l'utopie, au bord du lac de NeuchâtelPrunus couvert d'un millier de petites fleurs roses
Un bel améthyste trouvé dans une brocante et un aperçu de ma bibliothèque engagéeLes cygnes noirs du canal de la Suze Sortie sur le lac de Neuchâtel en voilierBouquets de tournesols au marché de BienneLes vaches libres du sanctuaire du Seeland
Vue sur le lac de Neuchâtel et la montagne de BoudryMa petite pilea, protégée par une sorcière en Lego et un cristal de roche des Alpes suisses Choppe de bière posée dans l'herbe

De belles escapades sans prendre l’avion

En 2019, on a beaucoup parlé de l’impact de l’avion dans les débats écologiques, et ça m’a amenée à réfléchir à notre imaginaire du voyage. À titre personnel, l’avion n’a jamais été mon moyen de transport de prédilection et je l’ai très peu pris dans ma vie – une vingtaine d’heures de vol environ en tout depuis 2006, je n’avais d’ailleurs jamais pris l’avion avant mes 22 ans. La raison principale est que j’ai peur en avion, mais genre vraiment, ça me provoque des crises d’angoisse qui m’ont déjà amenée à décider à la dernière minute de ne pas prendre un vol prévu. Je m’intéresse donc depuis longtemps aux autres manières de voyager, je suis de toute façon très attirée par de nombreuses régions d’Europe, et j’ai toujours privilégié le train lorsque c’est possible (il ne me serait par exemple jamais venu à l’idée de me rendre à Paris, ou même à Londres, en avion).

Il n’empêche que j’ai grandi avec le même imaginaire lié au voyage que n’importe qui d’autre de mon âge et vivant dans un pays riche. J’ai rêvé de la Nouvelle-Zélande, de Bali et du Canada, et c’est avec un peu de tristesse que je me dis que je ne m’y rendrai probablement jamais. On m’a dit que les voyages lointains, ceux qui nous font parcourir le globe, « forment la jeunesse » et ouvrent l’esprit. Qu’il est important de découvrir d’autres cultures et d’autres modes de vie. Comme si les personnes qui voyagent beaucoup et loin étaient forcément « ouvertes d’esprit » (si seulement c’était le cas) et qu’il n’y avait pas d’autres moyens de s’instruire sur les cultures différentes de la nôtre.

Au delà de la question de prendre ou non l’avion, je m’interroge vraiment sur notre définition collective du voyage et sur notre manière de voyager. D’une part, comment peut-on continuer à justifier, au nom de que ça nous apporte à titre personnel, la pollution engendrée par le fait de prendre l’avion régulièrement, parfois plusieurs fois par année (et sur ce sujet je suis encore plus critique vis à vis des grandes entreprises qui envoient régulièrement leurs employé·es à travers le monde) ? Mais surtout: pourquoi notre besoin d’évasion nécessite-t-il de parcourir la moitié du globe alors qu’on connait souvent si mal les régions proches du lieu où on vit (je vous laisse taper « volcans d’Auvergne » dans votre moteur de recherche d’images et on en reparle) ? On oublie aussi facilement que bien des personnes, même dans nos pays riches et encore plus à l’échelle mondiale, n’ont tout simplement pas les moyens de voyager loin – ou même juste de voyager tout court. J’ai pris l’avion pour la première fois à 23 ans. Avec ma famille, je ne suis jamais allée en vacances ailleurs qu’en France et en Suisse, parce que prendre l’avion à cinq n’était tout simplement pas possible financièrement. Nos vacances n’étaient pas moins belles pour autant. Et je ne crois pas que notre vie soit moins riche si on ne la passe pas à arpenter la planète, souvent au détriment de cette dernière et des populations qui vivent dans les pays où on voyage.

J’ai discuté avec plusieurs personnes qui me disaient ne pas avoir les moyens et le temps de voyager en train, même pour les destinations proches, mais qui partent en avion cinq, six, dix fois en une année. Avec d’autres qui se hâtent de visiter des régions menacées par le dérèglement climatique, parce qu’ensuite ça sera peut-être trop tard, et qui contribuent ainsi à l’impact direct de notre mode de vie sur les lieux en question. J’ai parfois l’impression qu’on n’en vient moins à voyager vraiment qu’à consommer le voyage, à cocher les destinations, le plus souvent et loin possible – j’ai d’ailleurs moi-même offert il y a quelques années cette fameuse carte du monde à gratter. Que reste-t-il des lieux qu’on visite, au final, lorsqu’ils ne sont qu’une petite croix qu’on trace fièrement dans notre bucket list ?

Falaises et phare de Beachy Head, dans le sud de l'AngleterreVisite des studios Harry Potter à LondresBalade dans les gorges de l'AarCoucher de soleil sur la plage de Brighton en Angleterre
Lever de soleil sur le lac de NeuchâtelMarée haute au bord du grand canal à VeniseÉtang de nénuphars victoria au jardin botanique de Freiburg, en Allemagne
De l’eau, toujours de l’eau ♥︎

Au milieu de ces réflexions, je regarde mon année 2019 et je me rends compte qu’à mon échelle personnelle, j’ai l’impression d’avoir beaucoup crapahuté, alors que nous ne sommes jamais allés très loin. C’était lent, beau et enrichissant. Et pourtant j’ai du mal à utiliser le mot « voyage », à la rigueur j’arrive à parler d’escapades, mais « voyage » me semble un mot trop grand pour mes petites pérégrinations autour de la Suisse. Elles sont pourtant toujours l’occasion de découvrir des paysages magnifiques qui m’émeuvent profondément, de visiter de beaux musées, d’échanger avec des personnes qui sont ravies de faire découvrir leur région.

En 2019, j’ai aimé redécouvrir Londres, et en tomber amoureuse, guidée par les recommandations de Julie, de Charlie et de Marie, tellement plus proches de mes centres d’intérêt que n’importe quel guide touristique. J’ai aimé emmener ma maman visiter la jolie Freiburg et passer ces quelques jours juste toutes les deux. J’ai aimé redécouvrir Venise, et en tomber amoureuse, y fêter mes 36 ans, et explorer les quartiers tranquilles de la ville, loin des foules de touristes. J’ai aimé flâner dans les rues de Colmar, malgré la canicule, y boire du vin blanc très sucré pour l’anniversaire de mon amoureux. J’ai aimé visiter le village de Crémieu avec mon amie AL lors d’un petit week-end passé près de Lyon, me balader au jardin botanique de Bâle, randonner dans l’Oberland bernois et explorer toujours un peu plus les environs de Bienne.

Vue sur le lac de Bienne depuis le pavillonVue brumeuse sur le grand canal de Venise depuis le Pont de l'AcadémieContraste architectural à LondresVue sur le lac de Bienne
Quartier de la Petite Venise à ColmarCafé dans une ruelle du village de Rye, dans le sud de l'AngleterreRives du lac de NeuchâtelForêt de pierres tombales dans le cimetière de Highgate, à LondresCarte postale helvétique dans l'Oberland bernois

Prises de conscience politiques, féminisme, antispécisme et écologie

2019 aura également été l’année d’une profonde remise en question de mes croyances politiques, en grande partie grâce aux personnes militantes que je suis sur les réseaux sociaux. C’est un cheminement entamé depuis longtemps, mais dont j’ai le sentiment qu’il s’est intensifié ces dernières années, voire ces derniers mois. Je lis beaucoup, j’apprends constamment, je m’efforce de développer mon esprit critique. Et si j’ai conscience des limites de la petite bulle en ligne que je me fabrique au grès des blogs et des comptes Instagram que je fréquente, je suis sincèrement reconnaissante de la quantité de ressources et d’informations que ces personnes mettent à disposition sur Internet.

Mais tout ça s’accompagne aussi de beaucoup de colère et d’un intense sentiment d’impuissance; à chaque fois que je mets les pieds dans un supermarché ou que je vois les appels à la surconsommation des multinationales, soutenues par des influenceurs et influenceuses irresponsables; quand je découvre les bénéfices astronomiques engrangés par l’industrie pharmaceutique, alors que des personnes malades galèrent pour payer des traitements pas entièrement remboursés par leur assurance maladie; quand des pseudo-féministes rejettent certaines de nos sœurs parce qu’elles portent le foulard ou n’ont pas d’utérus; quand mes amies et mes connaissances féminines me parlent des discriminations professionnelles qu’elles ont subies, quand elles me confient à quel point l’organisation de leur foyer repose presque entièrement sur leurs épaules; quand on m’annonce que puisque j’ai moins de 40 ans et pas d’enfant, on n’acceptera pas de me ligaturer les trompes – et que même si on y consentait, ça me coûterait 2000 balles parce que c’est de la contraception, et qu’en Suisse aucune méthode de contraception n’est remboursée alors certainement pas celle-là; quand des intégristes homophobes distribuent leurs tracts nauséabonds le samedi matin au marché de Bienne; quand des militant·es antispécistes finissent au tribunal, ou en prison, pour avoir libéré des animaux d’un abattoir ou cassé quelques vitrines; quand, au nom de l’art, des violeurs et des pédophiles bénéficient du soutien inconditionnel des médias et du grand public…

Pour l’instant, j’ai du mal à savoir que faire de cette colère bouillonnante. Je n’ai pas l’énergie de m’engager de manière régulière auprès de collectifs ou d’associations, pas le courage de prendre part à des actions de désobéissance civile – et j’admire vraiment les personnes qui le font. Je n’ai jamais participé à autant de manifestations qu’en 2019, j’y trouve un peu de réconfort, mais je m’interroge toujours sur la portée réelle de ces rassemblements. Car au final j’ai l’impression que rien ne change, que rien ne bouge. Que personne n’ose prendre de décisions radicales, qu’on veut bien parler de « sauver la planète », mais qu’on ne veut pas entendre que nos brosses à dents en bambou et nos pailles en inox ne suffiront pas.

Il n’y a pas de conclusion à tout ça. Je me sens tantôt triste, impuissante, révoltée. Actuellement, le mieux que je parvienne à faire à mon échelle, c’est de parler autour de moi de ces sujets même quand les gens n’ont pas envie d’entendre. Ne plus laisser passer de blague sexiste, ou homophobe, ou raciste, ou grossophobe, ou validiste, même si c’est « juste une blague » (ce n’est JAMAIS juste une blague, et bon sang c’est pas drôle). Expliquer que « spéciste » n’est pas une insulte ou de la diffamation; que la vraie violence, ce n’est pas de critiquer la consommation de viande, de bloquer un abattoir ou même de lancer des cailloux contre la vitrine d’une boucherie, mais bien de tuer chaque année entre 65 et 75 millions d’animaux rien qu’en Suisse, juste parce qu’on aime les manger. De dire ce que je pense d’eux aux intégristes homophobes qui distribuent leurs tracts nauséabonds le samedi matin au marché de Bienne. De critiquer ouvertement le capitalisme et les multinationales qui s’en mettent plein les poches en exploitant la planète et les humains. De parler des violences policières à ceux et celles qui pensent que ça n’existent pas. De partager les contenus de personnes militantes dans mes stories sur Instagram, car j’y vois un moyen accessible de faire circuler l’information. Quitte à passer pour la féministe-écolo-gauchiste chiante et rabat joie, mais on finit par s’y habituer.

Et surtout de continuer à m’instruire pour mieux comprendre les mécanismes qui alimentent les systèmes d’oppression capitalistes, patriarcaux et racistes, et de me renseigner sur les idées de ceux et celles qui tentent d’y trouver un remède.

J’en profite pour glisser ces quelques publications qui ont beaucoup alimenté mes réflexions concernant l’engagement individuel et les actions politiques ces derniers mois:

  • Ras-le-bol de la politique des petits pas, publié en début d’année passée sur le blog Libex. Marion y évoque la responsabilité qu’on fait peser sur les épaules des individus en terme d’engagement écologique (zéro déchet, mobilité, etc) tandis que les états et les multinationales continuent de polluer et d’être les principaux responsables de la crise climatique.
  • 15 pistes pour s’engager au-delà des gestes individuels, sur La Nebuleuse, tout est dans le titre 🙂
  • Liste d’actions prioritaires pour adopter un mode de vie plus écologique, sur Sea and Seed. En gros, le zéro déchet c’est très bien et important, mais la place qu’on lui accorde dans les discussions écologiques serait disproportionné par rapport à son impact réel. Béné a donc dressé une liste d’actions individuelles aussi bien que collectives qu’on peut mettre en place, si on en a la possibilité, afin de réduire notre impact écologique.
  • Critique d’une écologie privilégiée, sur Un Invincible Été. Pauline parle avec justesse d’un point rarement évoqué dans le débat écologique: le fait qu’il est beaucoup plus facile d’opter pour un mode de vie écolo / éthique quand on a de l’argent. Or, les personnes précaires sont bien souvent contraintes à un minimalisme forcé, tandis que le mode de vie des riches génère globalement bien plus de pollution.

Au passage, si vous ne lisez pas encore les blogs de Marion, Irène, Béné et Pauline bah je sais vraiment pas ce que vous attendez.

J’ajoute également cette vidéo de Coline, qui parle du fait que la mise en place d’actions écologiques individuelles, telles que le zéro déchet ou le fait de repenser son alimentation, repose principalement sur les épaules des femmes. Elle y évoque son vécu personnel, mais j’observe la même chose chez toutes mes connaissances et ami·es qui tentent d’adopter un mode de vie plus écolo, y compris dans mon foyer.

Autocollant antispéciste avec la photo d'un jeune veau et le texte "Ton steak, ma vie"Manifestation nationale pour le climat: "Burn capitalism, not the planet" Manifestation nationale pour le climat Pancarte de manifestation: "Stérilisation, grossesse, avortement: mon utérus, mon choix"
Manifestation nationale pour le climat: "Satan called, he wants his weather back" Autocollant: "Je pense donc je désobéis" Grève féministe du 14 juin 2019 à BiennePancarte pour la grève féministe portant une citation de Simone de Beauvoir Pancarte de manifestation: "Détruis le patriarcat, pas la planète"

Tentatives pour renouer avec la créativité

Parlons un peu de choses plus légères. Un autre thème récurrent de mon année 2019 a été mon envie de redonner davantage de place à la créativité dans mon quotidien.

Depuis toute petite, j’aime créer. J’étais cette gamine qui dessinait tout le temps, qui inventait des histoires pour les raconter ensuite à mes petites sœurs, qui récupérait des magazines dans le tas de vieux papier pour y découper des trucs et faire des collages abstraits. J’ai découvert la photo vers mes 12 ans, à l’occasion d’une semaine d’initiation proposée par mon école pour les élèves qui ne souhaitaient pas partir en camp de ski. J’ai beaucoup écrit aussi, des tas d’ébauches d’histoires tapées sur le premier ordinateur familial, des fanfictions, une websérie, quelques nouvelles.

Il s’est alors passé un truc qui a eu un impact radical sur ma créativité: j’ai postulé, et j’ai été admise, dans une école d’art. Et à partir de là, tout est parti en vrille. Je me souviens qu’au moment de rendre mon dossier d’admission et de passer les examens, je ressentais une réelle satisfaction en regardant le produit des nombreuses heures de travail que j’y avais consacré. J’aimais ce que j’avais fait, sans vraiment en percevoir les maladresses mais avec l’envie sincère de m’améliorer. Quelques années plus tard, en repensant à ces projets-là, ceux qui m’ont permis d’accéder à la formation que j’avais choisie, je n’éprouvais plus que de la honte. Pas assez original. Trop premier degré. Trop gentillet.

Voilà ce que l’école d’art m’a principalement appris: à détester ce que je produisais. À n’y voir que le manque de sens et de profondeur, les erreurs techniques, les fautes de style. À me comparer à ceux et celles qui font les choses tellement mieux que moi.

J’ai réussi à reprendre assez rapidement goût à la photographie, grâce à une prof en particulier, mais j’ai arrêté de dessiner, de peindre, de coller des trucs. Quand j’essayais de m’y remettre, tout me semblait nul et dénué d’intérêt, et j’ai fini par lâcher l’affaire. Et puis, il y a trois ou quatre ans, le besoin de créer est revenu me titiller, sans doute par besoin de quitter un peu cet écran d’ordinateur derrière lequel je passe mes journées. J’ai appris le crochet, et j’ai fabriqué des petites peluches pour les bébés qui commençaient à débarquer chez mes proches. Le lancement de ma petite entreprise de création de faire-part m’a servi de prétexte pour me remettre un peu à peindre et apprendre les bases de l’aquarelle. Pendant un été, j’ai été obsédée par le lettering et j’ai rempli des pages et des pages de citations calligraphiées. C’était en 2016. Ça me semblait toujours un peu nul et inutile, mais je parvenais à y trouver quand même un certain plaisir.

Cette année, j’ai fini par réaliser que plus de 10 ans après la fin de ma formation, les voix de certains profs et de certains camarades, les moqueries à peine dissimulées et les faux compliments, résonnaient toujours dans un coin de ma tête. Soyons honnête, ça m’a vraiment saoulée de me dire qu’à 35 ans, après toutes ces années, je restais bloquée là-dessus. Que mon cerveau continuait à accorder un tel crédit à ces gens nuls. Je m’applique donc aujourd’hui à les envoyer se faire voir, ces voix indésirables, même si c’est loin d’être toujours facile.

En 2019, j’ai dessiné un petit renard alors que je ne sais pas dessiner les animaux. J’ai peint des petites fleurs à l’aquarelle, j’ai trouvé ça joli et apaisant, et j’ai accepté l’idée que mes petits barbouillages n’ont pas forcément besoin de revêtir un sens profond pour avoir le droit d’exister. J’ai gravé plein de petits tampons dans de la gomme ainsi que mes premières plaques de lino qui attendent encore d’être imprimées. J’ai crocheté des petits paniers en coton recyclé de l’industrie textile pour les offrir à Noël – la prochaine fois je m’y prendrai par contre un peu à l’avance, histoire d’éviter la tendinite.

En 2020 j’aimerais parvenir à régulariser ma pratique créative, à m’aménager du temps et à mettre en place mes petits rituels. J’aimerais poursuivre ma découverte de la linogravure qui est vraiment une activité que j’adore, tenter l’impression de motifs sur tu textile, sortir plus souvent mes pinceaux et aller dessiner dehors. Mais aussi m’initier à de nouvelles activités: le cyanotype m’intéresse beaucoup et je vais probablement participer à un atelier au printemps. J’adorerais également avoir l’occasion d’essayer la création d’objets en céramique.

Dessin au crayon d'un petit renard Aquarelle d'un motif composé de branches de mimosa Mon petit espace créatif
Gravure sur gomme et impression d'un tampon représentant un assemblage de cristauxGravure et impression de tampons représentant des fleurs stylisées Gravure sur gomme et impression d'une lanterne citrouille de Halloween Gravure sur gomme et impression d'une petite baleineLinogravure d'un paysage de montagne Début de confection d'un petit panier au crochet Gravure sur lino et impression de l'emblême de la famille Stark dans "Game of Thrones" Gravure en cours sur lino

Expérimentations potagères

Au début du printemps, j’ai été prise de l’envie de cultiver des trucs. Je n’ai pas de jardin, juste un balcon assez grand mais très peu exposé au soleil (ce que j’apprécie beaucoup en été, les plantes un peu moins). Il y a trois ou quatre ans, j’avais essayé pour la première fois de faire mes propres semis, et ça avait été un échec total; les deux ou trois pousses qui avaient accepté de germer étaient mortes presque aussitôt. Les années suivantes, j’ai acheté des plantons déjà grands, je n’en ai jamais rien tiré de plus qu’une poignée de tomates cerises, mais j’avais au moins la satisfaction d’être entourée d’un peu de verdure sur mon petit balcon urbain.

Je ne pensais vraiment pas retenter le coup des semis, jusqu’à ce que je décide de commander quelques sachets de graines et que je me retrouve avec une dizaine de pots remplis de futures petites plantes – il paraît que je suis têtue. Quelle joie j’ai ressentie, lorsqu’au bout de quelques jours les premières petites pousses sont sorties de terre ! Et quelle joie de voir mes plantules grandir malgré mon ignorance complète en jardinage et le peu de soleil que je pouvais leur offrir. Au cœur de l’été, mes plants de tomates ont grimpé jusqu’à bien deux mètres de hauteur, les courgettes ont fait des feuilles immenses et commencé à ramper hors de leur pot – avant d’être contaminées par de l’oïdium dont je n’ai pas su les débarrasser, on en revient quand même finalement à mon ignorance potagère.

Au final, je n’ai récolté aucune courgette, tout juste une dizaine de tomates cerises et une unique tomate Rose de Berne, et mes radis ont été dévoré par des pucerons en l’espace de deux jours. Mes petites pousses de basilic se sont en revanche transformées en un magnifique buisson – j’ai laissé le basilic pourpre monter en graines car les fleurs sont si jolies. Un matin, j’ai découvert qu’un plant de tomates avait décidé de pousser spontanément au milieu de mon persil, que j’avais d’ailleurs planté totalement à l’arrache et qui continue à vivre sa meilleure vie en ce moment même, malgré les températures hivernales et la coupe courte que je lui ai faite en décembre.

Et dans tous les cas, j’ai adoré passer une partie de mon printemps et de mon été à m’occuper de ces petites plantes, à essayer de comprendre leurs besoins. Mettre les mains dans la terre, consacrer une heure de mon dimanche après-midi à rempoter mes bébés basilic et me rendre compte au bout du compte que ma fatigue avait disparu. Je réfléchis déjà aux semis que je compte faire cette année, à la manière d’améliorer mes petites cultures, et j’ai quelques pistes de lieux plus appropriés que mon balcon trop ombragé pour reprendre mes petites expériences.

Potager 2019: semis de courgettes, tomates et basilicPotager 2019: jeunes plants de courgettesPotager 2019: plant de courgetteMoment de détente sur le balcon, au milieu des plantes
Potager 2019: semis de courgesPotager 2019: jeune plant de tomatePotager 2019: récolte d'une unique tomate Rose de BernePotager 2019: semis de basilic Potager 2019: récupération des graines de tomates cerises
Potager 2019: fleurs de basilic pourpre Potager 2019: petite récolte de tomates cerises Potager 2019: récolte d'une poignée de persil

Dix ans de cohabitation avec nos deux patates ♥︎

Dix ans. Dix ans que ces deux petits chats ont rejoint notre quotidien, un jour d’octobre et son lendemain. Nous avons d’abord accueilli la petite rouquine, que nous sommes allé chercher dans sa montagne natale (à La Chaux-de-Fonds quoi), qu’on pouvait glisser dans une grande poche et qui s’est approprié les lieux dès qu’elle a posé la patte dans notre appartement neuchâtelois de l’époque. Elle a passé sa première nuit chez nous à miauler derrière la porte fermée de notre chambre, et le lendemain matin je n’ai pas eu le cœur d’aller travailler. Cette journée-là, elle l’a passée à dormir et à m’attaquer les pieds pour jouer.

Un peu plus tard, nous avons ramené chez nous son futur colocataire, ce beau chaton noir auquel nous avions rendu visite quelques jours plus tôt, après avoir reçu un SMS de mon papa qui me disait « Toi qui adores les chats noirs, tu veux toujours en adopter un ? ». Un de ses collègues avait développé une violente allergie au chat qu’il venait tout juste d’adopter et qu’il ne pouvait par conséquent pas garder. J’ai appris depuis que les chats noirs sont moins facilement adoptés que les autres, à cause de superstitions à la noix, et du fait qu’ils sont moins faciles à prendre en photo et donc moins « instagrammables »; je rage rien que d’y penser et je peux vous dire que notre Doudou est à peu près le chat le plus gentil du monde. Alors qu’il n’avait qu’un mois de plus que la petite rousse, nous avons vite constaté qu’il ne montrait pas du tout le même caractère intrépide qu’elle. Il a pris son temps pour sortir du panier dans lequel nous l’avions transporté, et pour explorer une pièce après l’autre.

La rencontre a d’ailleurs été mouvementée; après un peu plus de 24 heures, Dali se considérait déjà comme la propriétaire légitime des lieux, et le pauvre Renoir a été bien mal accueilli. Je m’en souviendrai toujours, de cette première soirée avec deux chatons, qu’ils ont passée à se pourchasser dans tous l’appartement. David était absent ce soir-là, nous rigolons aujourd’hui beaucoup du fait que lorsqu’il est rentré, je suis partie m’enfermer dans notre chambre en déclarant que « demain on les ramène d’où ils viennent ! »

Évidemment, nous ne les avons pas ramenés ♥︎

En dix ans, il y a eu de nombreux réveils au milieu de la nuit parce qu’ils attaquaient la porte de notre chambre qui leur était alors interdite, des vases cassés, des plantes grignotées, des meubles abîmés, et même un câble de charge de téléphone – qui n’appartenait à aucun de nous deux – proprement sectionné en deux. Il y a eu des larmes et cette inquiétude que rien ne pouvait apaiser lorsque Renoir a dû passer une semaine à la clinique vétérinaire, il y a deux ans, et que nous ignorions si nous pourrions le ramener chez nous. Il y a eu des heures de ronronnade et de câlins avant de s’endormir, maintenant que la chambre n’est plus interdite; un château en carton de récup’ bâti dans notre bureau, puis remplacé par un vrai meuble en bois construit à la place, sous la fenêtre, car Renoir aime tellement se poser là pour observer le voisinage; des tas de vieux papiers qu’on traine à mettre au recyclage car ils aiment tant jouer dedans et s’y vautrer; les journées de télétravail avec un chat collé sur les genoux, ou sur le clavier. Il y a eu cette pattoune qui attrape ma main quand sa propriétaire exige que je lui gratouille la tête. Il y a eu le bonheur de paresser au lit pendant des heures et le bonheur de se rouler dans la terre, chacun son kiff.

J’ai toujours aimé les chats, mais je n’imaginais pas à quel point j’allais construire une relation forte avec ces deux-là. Avec eux, j’ai appris que les animaux non-humains sont des individus, qu’ils ont chacun leur caractère, leurs habitudes, leurs préférences, leurs petits rituels, leurs sources de stress ou de tristesse. Je pense que cette cohabitation a été un des éléments déclencheurs de la réflexion qui m’a amenée vers l’antispécisme. Car si leur vie est si précieuse, pourquoi celle des vaches, des cochons, des poules, des poissons, ne le serait-elle pas également ?

Que souhaiter pour 2020 ?

2019 a été une année tourbillonnante, mais que j’ai l’impression d’avoir un peu observée de l’extérieur. L’impression d’avoir eu l’esprit en ébullition constante – pas toujours de manière positive – et le corps qui ne suivait pas. À titre très personnel et pragmatique, j’espère surtout parvenir à retrouver un peu d’énergie, et à lâcher quelques une des casseroles qui m’encombrent. Difficile de réfléchir à des projets pour le futur quand, dans le présent, je suis fatiguée à longueur de journée, de semaine, de mois.

Il y a trois semaines, entre une petite déprime de fin de vacances et une grosse déprime face au monde qui se casse la gueule, j’ai écrit les mots suivants sur Instagram. Je me permets de les reprendre pour conclure cet interminable billet:

« En 2020, je nous souhaite surtout de la solidarité, de la sororité, de l’empathie; de la force pour construire un monde plus juste et ne pas se décourager quand ça craint un peu partout; de la douceur, beaucoup de douceur; des moments partagés avec ceux et celles qu’on aime; des moments passés avec nous-mêmes; d’être aligné·es avec nos valeurs; de croire en nos capacités; de travailler moins, de pouvoir consacrer du temps à des activités qui nous épanouissent, nous font nous sentir bien, qui ont du sens; de fabriquer quelque chose avec nos petites mains; de contempler de beaux paysages, respectueusement et sans aller les chercher à l’autre bout du monde; de se (re)connecter à la nature; de savourer des bons petits plats. »

Parterre de cyclamens de Naples à proximité des remparts de Crémieu

7 commentaires

  1. Nathalie

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    C’est vrai qu’il est un peu triste, ce billet, mais je l’ai surtout trouvé incroyablement apaisant et… beau !

  2. Nathalie

    Répondre

    PS : j’en oublie l’essentiel. J’espère que tes soucis de santé trouveront leur solution, je suis désolée d’apprendre que ça ne va pas fort. Je connais bien la maladie et les diagnostics vagues, et je te souhaite de tout cœur d’aller mieux.

  3. charlotte

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    Bon courage pour les ennuis de santé, tout d’abord. J’aime beaucoup ta sensibilité et ta plume. Quant aux livres, j’ai aussi un rapport différencié: plus envie de les entasser dans mon salon ou ma chambre, ils sont dans un carton au galetas (et vivants dans ma tête), accessibles au besoin. Pour le reste, je privilégie les emprunts à la bibliothèque et n’achète que lorsqu’un de mes deux auteurs préférés en sort un (quoique la dernière fois, j’ai pris en bibliothèque et j’ai bien fait, j’ai pas aimé le livre). Un autre rapport aux livres.

  4. Marie

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    Ma chère Aline,

    Je suis bien désolée de lire que tu as traversé des périodes de grand « moins » en 2019, et d’apprendre tes soucis de santé. J’admire la façon dont tu mets tout de suite en perspective ces désagréments (j’espère) passagers, avec les relations qui comptent et tes sources de joie au quotidien. Cela met en exergue la résilience dont tu as, il me semble, toujours fait preuve. Je pense que tu feras une très bonne marraine-la-bonne-fée !

    Je comprends la désespérance et la fatigue que tu ressens vis-à-vis des restes du monde, qui sont globalement à chier (si tu me passes l’expression). Mon instinct de survie me pousse à redoubler d’envies, de projets et de confiance en moi, pour faire un pied de nez à la déliquescence généralisée de notre ère. Puisque tout se casse la gueule, alors autant n’en faire qu’à notre tête et à porter bien haut nos couleurs. J’ai le sentiment qu’on n’a jamais eu autant besoin d’art, de poésie et de solidarité qu’en des temps comme ceux-ci.

    PS : « Quitte à passer pour la féministe-écolo-gauchiste chiante et rabat joie, mais on finit par s’y habituer. » On s’y habitue, et cela aide à faire du tri dans ses relations, aussi. :-)))

  5. Irène

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    J’ai pris énormément de plaisir à te lire, merci de partager tout ça avec nous !
    Et merci de me citer dans l’artice, je le découvre tardivement, je suis en excellente compagnie !

    Je rebondis sur ce passage que je comprends profondément :
    « Pour l’instant, j’ai du mal à savoir que faire de cette colère bouillonnante. Je n’ai pas l’énergie de m’engager de manière régulière auprès de collectifs ou d’associations, pas le courage de prendre part à des actions de désobéissance civile – et j’admire vraiment les personnes qui le font. Je n’ai jamais participé à autant de manifestations qu’en 2019, j’y trouve un peu de réconfort, mais je m’interroge toujours sur la portée réelle de ces rassemblements. Car au final j’ai l’impression que rien ne change, que rien ne bouge. »

    C’est clair que notre énergie et notre temps sont limités. Mais je pense qu’un investissement graduel est possible, et surtout les petits soutiens matériels et moraux sont vraiment importants pour les collectifs. Tout le monde ne peut pas militer mais l’existence d’un réseau de sympathisant-es qui peuvent apporter une aide ponctuelle, rejoindre les cortèges, filer un coup de main logistique, qui sont abonnés aux journaux, commandent les autocollants etc… vraiment, ça n’est pas rien ! C’est autant de gestes qui même s’ils sont faits ponctuellement contribuent à ce qu’on conserve notre énergie. Par ailleurs, on voit aussi davantage les actions les plus visibles et spectaculaires, les blocages, les manifestations, les actions de désobéissance civile… Mais il y a un énorme travail de fond que beaucoup de militant-es réalisent depuis chez eux. Relire des textes, maquetter des tracts, diffuser des infos par mail etc. Bien sûr je ne dis pas qu’il faut absolument faire ça, c’est juste pour souligner qu’il ne faut vraiment pas culpabiliser de ne pas se sentir l’énergie de participer à des actions de désobéissance ou risquant de nous exposer à des représailles directes. Il y a différentes façons de participer à l’effort collectif… En parler autour de soi et refuser de laisser dire des choses qui nous choquent, c’est aussi très important déjà ! Par ex couper court à des arguments anti-grévistes ça peut avoir un impact durable sur le groupe de personnes qui l’a entendu, on va dire que ça fait partie d’une résistance de tous les jours 🙂

    Concernant les manifestations en particulier, je pense que beaucoup de désillusions sont dues au fait qu’on en attend trop… Les manifestations seules font rarement plier des gouvernements, lorsque c’est le cas c’est qu’elles sont très massives et accompagnées de grèves et d’une résistance large qui déborde les cadres habituels j’ai l’impression. Mais ça ne veut pas dire que ça ne sert à rien non plus, il y a un rôle plus discret des manifestations : on s’y retrouve, on discute, on précise ses opinions etc…

    Voilà, je ne pense pas que ces pistes suffisent à faire disparaître le découragement qui pointe parfois chez chacun-e d’entre nous, mais j’essaie d’y voir du positif ! Merci encore pour cet article et à très vite 🙂

  6. mabarberouille

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    Bon courage pour 2020 !

    Je te souhaite trouver remèdes à tes mots. Je me disais en te lisant que malgré tout le côté négatif du début, tu as passé une bonne année.

    Je serais ravi de continuer de te lire et voir tes publications.

    Tout de bon pour 2020

  7. Marion Maillet

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    Beaucoup de pensées qui se bousculent à la lecture de ton bilan 2019.
    En premier lieu, je ne savais pas du tout que tu avais eu, que tu as des soucis de santé et j’en suis navrée pour toi … Je sais combien les diagnostics d’exclusion sont frustrants, j’espère vraiment que tu parviendras à trouver un nom sur ce dont tu souffres, en croisant les doigts pour que cela ne t’empoisonne pas la vie.

    Je tiens aussi à te dire que je suis très heureuse que tu aies pu renouer avec la photographie après tes études en art car je te trouve vraiment douée ! J’admire chacun de tes clichés, la composition est toujours réussie, les couleurs douces, l’atmosphère tendre … Je me délecte chaque fois de tes récits émaillés d’images 🙂

    Tes deux miaous sont vraiment très mimis aussi et je suis ravie de savoir que nous avons toutes les deux les plus gentils chats du monde hihi !

    Concernant la colère bouillonnante, olala mais comme je te comprends … Je pense que nous, et beaucoup d’autres, ressentent cette frustration grandissante, oscillante entre plusieurs désirs parfois contradictoires (vouloir aider le monde entier tout en évitant de le fréquenter). Je n’arrive pas encore à gérer cela mais j’espère que 2020 m’aidera à progresser dans cette voie.

    Tu m’as tellement fait sourire cette année avec tes essais potagers, j’ai adoré lire tes déboires et tes réussites ! Voir grandir une plante que l’on a semée est l’une des plus grandes satisfactions que l’on puisse avoir, parole de jardinière 8)

    Je te souhaite le meilleur pour 2020 !

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