Pile à lire: 12 livres pour 2020

Pile à lire: 12 livres pour 2020

Un de mes petits rituels de début d’année, c’est de jeter un œil aux rayons de livres non lus dans ma bibliothèque et d’en sélectionner 12 que je souhaite lire pendant les mois suivants.

Autant être honnête: ça fonctionne rarement, et beaucoup de nouveaux livres se rajoutent aussi bien à ma bibliothèque qu’à ma to-read list virtuelle en cours d’année, en fonction de mes envies et de mes centres d’intérêt du moment. Certains livres se retrouvent donc dans la sélection de l’année suivante – c’est le cas de Libérées ! qui figure dans ma liste depuis TROIS ans, finirai-je par le lire, le suspense est insoutenable.

En plus de la liste ci-dessous, qui contient uniquement des livres qui se trouvent déjà dans ma bibliothèque, je souhaite lire davantage d’ouvrages politiques qui traitent d’autres thématiques que le féminisme et l’antispécisme. Les luttes sociales, l’anticapitalisme et la pensée critique font partie des sujets que je souhaite approfondir, notamment grâce aux recommandations d’Irène et de Béné.

J’en profite pour faire un petit point « minimalisme et achat de livres », car c’est un sujet auquel je réfléchis beaucoup. D’une manière générale, je consomme beaucoup moins qu’il y a quelques années. J’achète moins de tout, très peu de vêtements, encore moins de produits cosmétiques, d’objets de déco, etc. Mes achats sont toujours mûrement réfléchis, et quand j’ai besoin d’un objet neuf j’essaie de privilégier la qualité, de façon à ce qu’il dure longtemps.

J’ai en revanche beaucoup de mal à appliquer ça aux livres, que je continue à acheter régulièrement. J’ai bien essayé l’abonnement à la bibliothèque, mais celle de ma ville propose surtout des livres grands formats et peu de poches, ce qui n’est pas pratique du tout quand on lit principalement dans les transports. Je jette aussi souvent un œil dans les boites à livres et autres bibliothèques urbaines, mais celles de Bienne contiennent peu d’ouvrages en français – et soyons honnête, c’est quand même souvent du Marc Lévy.

Surtout, j’ai du mal à considérer le livre comme un objet de consommation classique. Pour moi c’est avant tout un objet culturel, dont la fabrication utilise certes des ressources, mais que je souhaite également « protéger ». Je tiens à soutenir la création littéraire et l’existence de librairies, et dans le monde capitaliste nul qui es le nôtre, cela passe par l’achat.

Mais ça ne m’empêche pas non plus d’emprunter à mes copines les livres qu’elles ont aimés, ou de faire des échanges de BD avec ma sœur. Je pense également me réinscrire à la bibliothèque de ma ville maintenant que leur catalogue numérique s’est considérablement enrichi. Pas de réelle solution donc en ce qui me concerne, plutôt un équilibre que j’essaie encore de mettre en place. Si vous avez un avis et des pistes de réflexion sur la question, ça m’intéresse beaucoup !


Fiction

  • La femme gelée de Annie Ernaux
    J’ai très envie de découvrir la bibliographie d’Annie Ernaux, une écrivaine française dont j’entends beaucoup parler sur Internet mais dont je n’ai jamais rien lu. Plusieurs de ses romans m’intéressent en raison des thèmes qu’elle y aborde, notamment L’événement, dans lequel elle évoque son avortement à une époque pas si lointaine où c’était encore illégal. La femme gelée parle quant à lui d’un de mes sujets féministes de prédilection: le quotidien d’une femme prisonnière d’une vie de famille qu’elle a choisie mais dans laquelle son identité, ses envies, sa curiosité, se sont peu à peu dissoutes.
  • L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie
    J’ai commencé ce roman l’automne passé, j’ai dû en lire un peu plus de la moitié avant de mettre ma lecture en pause. J’aime énormément la plume de Chimamanda Ngozi Adichie et les thèmes qu’elle traite aussi bien dans ses romans que dans ses essais. Celui-ci est d’ailleurs passionnant mais aussi très, très dur puisque l’autrice y parle de la guerre du Biafra, des tensions politiques, des conséquences du colonialisme et des massacres qui en sont à l’origine.
  • Le mur invisible de Marlen Haushofer
    Vous avez peut-être entendu parler du Mur invisible en début d’année passée, quand l’illustratrice Diglee en a fait l’éloge sur son compte Instagram. S’en est suivi un regain d’intérêt pour ce roman autrichien écrit dans les années 60 – qui avait d’ailleurs déjà connu un certain succès à l’époque – à tel point que la maison d’édition de la version française a lancé une réimpression. Je l’ai acheté peu de temps après, intriguée par cette vague d’enthousiasme, mais j’ai préféré attendre que l’engouement général retombe un peu avant de le lire (c’est mon côté « mouton rebelle »). Il s’agit de l’histoire d’une femme qui se retrouve du jour au lendemain isolée en pleine forêt, avec quelques animaux pour unique compagnie, coupée du monde par un mur invisible qui s’est érigé pendant la nuit. Au fil des jours, elle devra apprendre à survivre, seule, au milieu de la nature.
  • Millénium Blues de Faïza Guène
    J’ai entendu Faïza Guène dans un épisode du podcast La Poudre (puis, plus tard, dans un épisode de Kiff ta race), dans le train en rentrant de Lyon, et j’ai filé acheter son dernier roman à la petite librairie de la gare dès mon arrivée à Genève. Millénium Blues raconte la vie d’une jeune femme français, Zouzou, depuis son enfance à la fin des années 90 jusqu’à nos jours. Je n’en sais pas grand chose de plus, mais j’ai hâte de découvrir la plume de Faïza Guène car j’ai beaucoup aimé l’écouter dans les deux podcasts.
  • La bâtarde d’Istanbul de Elif Shafak
    Une autre autrice dont plusieurs ouvrages figurent dans ma to-read list. Je me souviens que j’avais été attirée par la couverture, puis par le résumé, de Trois filles d’Ève au moment de sa sortie, mais comme je préfère acheter des livres au format poche j’avais pris celui-ci à la place (bon depuis le temps, l’autre est évidemment sorti en poche). Je n’en ai pas particulièrement entendu parler, mais la quatrième de couverture promet un récit d’amitié entre femmes et de quête d’identité.
  • Captive de Margaret Atwood
    Celui-là se trouve dans ma bibliothèque depuis quelques années, je l’avais acheté peu après avoir terminé La servante écarlate, désireuse de découvrir d’autres romans de Margaret Atwood. C’est l’aspect historique qui m’a attirée vers celui-ci en particulier, puisqu’il se déroule au 19e siècle et est inspiré d’un fait divers réel: dans les années 1840, une jeune fille pauvre est condamnée d’abord à mort, puis à perpétuité, pour le meurtre de son employeur et de la gouvernante de celui-ci. Quinze ans plus tard, un psychiatre lui rend visite en prison et décide de retracer son histoire et de comprendre ce qui s’est réellement passé.
  • Caresser le velours de Sarah Waters
    J’ai découvert la plume de Sarah Waters il y a deux ans avec le magnifique Du bout des doigts qui a été un énorme coup de cœur, et j’ai depuis très envie de découvrir les autres ouvrages qu’elle a écrits. Caresser le velours est son tout premier roman, publié en 2003, qui évoque l’histoire d’amour entre deux femmes évoluant dans le milieu du music-hall, à la fin de l’époque victorienne.
  • Jeune fille modèle de Grace Ly
    Grace Ly est la co-créatrice du podcast Kiff ta race, qu’elle anime avec la journaliste Rokhaya Diallo et où elles explorent les questions raciales principalement en France. Jeune fille modèle est son premier roman. Elle y raconte le quotidien de Chi Chi, une jeune fille française d’ascendance chinoise vivant à Paris, avec ce qu’il comporte de racisme ordinaire et de questionnements sur les origines de sa famille.

Essais

  • Beauté fatale de Mona Chollet ♥︎
    Après avoir A-DO-RÉ Sorcières, et beaucoup apprécié également Chez Soi, j’ai très hâte de lire enfin cet essai de Mona Chollet consacré aux injonctions et aux dictats esthétiques que le patriarcat impose aux corps des femmes. Cette review qu’en avait faite Marie sur La Lune Mauve il y a un peu plus d’un an, et ses réflexions personnelles sur le sujet, m’avaient beaucoup marquée. Au moment où je rédige ce billet, il s’agira probablement de ma prochaine lecture (après deux romans très légers et un peu niais, ça me fera du bien de remettre un peu mes neurones en fonction).
  • Libérées ! de Titiou Lecoq
    Celui-là se retrouve donc dans ma liste de lecture pour la troisième fois consécutive, j’espère que cette année sera la bonne. Dans cet essai, Titiou Lecoq évoque un autre type d’injonction patriarcale de laquelle un grand nombre de femmes sont, à différents niveaux, prisonnières: celle de bien s’occuper de son foyer et des personnes qui y vivent. En découlent charge mentale et inégalités dans la répartition des tâches ménagères, mais également dans le temps libre dont disposent les femmes, leur possibilité de se consacrer à leur activité professionnelle et d’être indépendante financièrement.
  • Bad feminist de Roxane Gay
    Un autre essai qui se trouve dans ma pile à lire depuis pas mal de temps et dont j’entends parler depuis plusieurs années. Il s’agit d’un recueil de chroniques initialement publiées par l’autrice dans différents médias. Elle y évoque plusieurs aspects du féminisme à travers son propre parcours, analyse la représentation de femmes – et particulièrement des femmes noires – dans les médias, et dénonce les conséquences aussi bien de ces représentations que du sexisme ordinaire dans lequel nous baignons.
  • Profession: animal de laboratoire de Audrey Jougla
    Un essai qui risque de ne pas être très rigolo DU TOUT à lire, puisqu’il s’agit d’une enquête menée en caméra cachée par l’autrice dans des laboratoires de recherche qui ont recours à des tests pratiqués sur les animaux. Il s’agit d’un aspect de l’antispécisme que je connais mal, et autant aberration de l’expérimentation animale lorsqu’il s’agit, par exemple, de produits cosmétiques me semble indiscutable, autant j’ai plus de mal à me positionner lorsqu’il s’agit de recherche médicale. J’espère donc que cette lecture m’ouvrira des pistes de réflexion sur le sujet.

Et vous, quels sont les livres que vous avez envie de lire ces prochains mois ?

3 commentaires

  1. Marion Maillet

    Répondre

    Coucou Aline !
    Que tu écris bien, tout donne envie <3

    Parmi les fictions, "Captive" de Margaret Atwood me donne bien envie. Concernant les essais, tous mes semblent superbes ! J'ai déjà lu et adoré "Beauté Fatale" (que je compte chroniquer sous peu) mais je crois ajouter tous les autres sur ma PAL ^^
    Comme toi, je suis très partagée sur l'utilisation des animaux en laboratoire …

    1. Aline

      Répondre

      Oh merci pour ce petit mot <3

      J'ai hâte de lire ta chronique sur "Beauté fatale" (j'espère l'avoir lu d'ici là) !

      Je trouve la question des expérimentations animales dans le cadre médical vraiment délicate, ça pose vraiment la question de "est-ce qu'on a le droit de sacrifier des vies animales pour sauver des vies humaines". Hier je discutais avec un futur client qui travail pour un centre de recherche sur la création de muscles artificiels, notamment un procédé qui pourrait éviter des chirurgies lourdes et invasives à des personnes atteintes de pathologies cardiaques. Le potentiel d'amélioration des conditions de vie pour ces gens est énorme, mais évidemment le procédé sera d'abord testé sur des cochons (qui auront eu jusque là une vie misérable en captivité et finiront euthanasiés lorsqu'ils ne seront plus "utiles"). Il y a un côté hyper émotionnel (quand je mentionne ce sujet on me répond toujours très vite "si tu avais un enfant malade tu ne te poserais pas tant de questions", c'est réducteur mais il y a sûrement une part de vérité).

      Bref je pense que ça sera vraiment intéressant de m'instruire davantage sur le sujet, j'espère notamment trouver des infos sur la pertinence scientifique de l'expérimentation sur les animaux en 2020, quand d'autres méthodes existent probablement (peut-être que pour une fois les avancées technologiques pourraient leur bénéficier à eux plutôt qu'à nous).

  2. Virginie

    Répondre

    Coucou!
    Merci pour toutes ces idées lecture 🙂
    Le mur invisible et Millenium blues ont fait partie de mes coups de cœur l’année passée! et Beauté Fatale est aussi dans ma pàl.
    Bon et à midi, je t’apporte L’Aile d’Airain 😉
    Bisous
    Virginie

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