Playlist: la musique de mes 17 ans

Assez régulièrement, je traverses une période plus ou moins longue de nostalgie musicale, pendant laquelle je me passe en boucle une playlist composée des artistes que j’écoutais dans la deuxième moitié de mon adolescence. C’est le cas en ce moment, et c’est à Virginie que je le dois: il y a une ou deux semaines, elle a repartagé sur Facebook un de ses anciens billets où elle évoquait, justement, la musique de ses 17 ans. Il n’en a pas fallu davantage pour me replonger dans ma fameuse playlist, que je n’avais pas écoutée depuis, allez, sûrement au moins 3 mois. Et comme j’ai bien aimé l’idée de son article, je me suis permis de la lui piquer !

À 17 ans, je n’écoutais pas de house ou de R&B comme la plupart de mes copines, et je ne sortais pas en boite avec elles. J’étais une petite nerd qui passais mes samedi soirs à coder du HTML et à regarder Buffy contre les vampiresou toute autre série de la Trilogie du Samedi sur M6. Jusqu’à mes 15 ans environ, mes goûts musicaux c’était Céline Dion, Lara Fabian et Notre Dame de Paris (le coup de vieux ultime en réalisant que Notre Dame de Paris a 20 ans cette année). Et puis un samedi soir justement, à la fin d’un épisode de Buffy – entre trois sanglots parce que merci bien Joss Whedon pour cette fin de saison 2 – LA chanson qui, peu avant mes 16 ans, a révolutionné mon univers musical:

(attention grosse déprime inside)

Cette mélodie m’est resté dans la tête jusqu’à ce que mon papa finisse pas céder à mes supplications et m’autorise à utiliser Internet pour la première fois de ma vie. Après une recherche un peu laborieuse (c’était l’été 1999, Google était un petit bébé de six mois – peut-être même qu’on utilisait Yahoo…), je mettais un nom sur cette artiste et ce morceau qui m’obsédaient depuis des mois. Quelques semaines plus tard, je commençais le lycée et je profitais des quinze minutes de pause avant mon premier cours de chimie (notez la précision du souvenir) pour filer chez le disquaire acheter mon premier CD de Sarah McLachlan ♥

Les autres albums qu’elle avait sortis à l’époque ont rejoint ma collection pas bien longtemps plus tard. Il y a quelque chose dans sa musique et dans ses textes qui a immédiatement parlé à l’ado un peu torturée que j’étais. C’était à la fois sombre, introspectif et sublime, elle parlait de dépression, de deuil amoureux, de recherche de soi, de solitude, sans mièvrerie, sur des arrangements musicaux parfois expérimentaux, d’autres fois accompagnée uniquement de sa guitare ou de son piano. La voix de Sarah McLachlan m’a toujours envoûtée et apaisée, et surtout elle ne ressemblait à rien de ce que je connaissais jusque là.

On trouve bien sûr des titres un poil plus légers dans sa longue discographie, mais encore maintenant je suis beaucoup plus attirée par ceux qui me remuent les tripes. J’ai d’ailleurs peu à peu cessé d’écouter ses nouvelles productions, que je trouve beaucoup plus formatées et moins intéressantes que ses compositions « de jeunesse ».

Extrait de Solace, le deuxième album de Sarah McLachlan – elle avait 23 ans au moment de sa sortie.
Bizarre, un peu creepy, totalement envoûtant.

La plupart de mes découvertes musicales suivantes ont découlé de celle-ci. Quelques années auparavant, en 1997, Sarah McLachlan créait le Lilith Fair Festival: frustrée par le manque de présence féminine dans les salles de concert et sur les stations de radio nord-américaines – les programmateurs refusaient notamment de passer deux titres interprétés par des femmes à la suite car c’était jugé comme pas assez commercial – elle décide d’organiser une série de concerts auxquels participent exclusivement des artistes féminines – les mecs sont autorisés s’ils font partie d’un groupe avec une lead féminine. Pendant trois étés d’affilée, elle parcourt les États-Unis et le Canada avec en tout plus d’une centaines d’artistes différentes. Certaines étaient déjà bien connues à l’époque, telles que Sheryl Crow, Tracy Chapman, Suzanne Vega ou Morcheeba (♥), mais le festival était également ouvert à des débutantes; c’est le cas de Dido qui venait de sortir son premier album, ou de Tara MacLean, le deuxième grand coup de cœur musical qui a accompagné mon passage à l’âge adulte.

Une autre canadienne, moins connue outre Atlantique que Sarah McLachlan et pas du tout dans nos contrées, elle aussi autrice, compositrice et musicienne. J’ai d’abord été attirée par le côté sombre et mélancolique de son premier album, Silence, qu’elle a écrit et composé alors qu’elle sortait elle-même à peine de l’adolescence.

Et puis j’ai découvert Passenger, plus mature, peut-être un peu plus abouti musicalement, ce qui n’enlève rien à la sincérité des textes et à la beauté des musiques.

Un ou deux ans plus tard, j’ai mis la main sur un enregistrement numérique probablement pas légal du tout d’un concert qu’elle avait donné à San Francisco en 1999. Je me souviens d’un soir, dans la voiture de mes parents au retour d’un repas de famille, les écouteurs dans les oreilles, la tête appuyée contre la vitre, l’esprit un peu somnolent. Et puis soudain, les premières notes de cette chanson, accompagnée uniquement à la guitare. J’ai encore des frissons à chaque écoute, c’est un morceau triste mais porteur d’espoir et d’un message de force que je trouve beau et réconfortant. Probablement ma chanson préférée de Tara MacLean, qui n’a jamais été enregistrée en studio.


D’une manière générale, la fin de mon adolescence a été une période très riche en découvertes musicales, en grande partie grâce aux forums et aux blogs que je fréquentais. Voici quelques morceaux d’autres artistes que j’écoutais régulièrement à l’époque – et que j’apprécie toujours beaucoup aujourd’hui ♥︎


Et vous, vous écoutiez quoi à 17 ans ?

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