Mes lectures de 2016

Mes lectures préférées de 2016
Non, ce magnifique t-rex rose n’a strictement rien à voir avec le sujet de cet article, mais il avait envie de participer à la photo. Et qui suis-je pour contredire un t-rex rose ?

En 2016, j’avais pour objectif de lire 24 livres afin de compléter mon challenge de lecture sur Goodreads. Je vous en ai déjà parlé l’année dernière (ainsi que la précédente) (que d’originalité), ce petit challenge représente pour moi un excellent moyen de me pousser à lire régulièrement. Ça peut paraître idiot d’avoir besoin de ça alors que la lecture est une activité que j’aime énormément, mais ne sous-estimons pas le pouvoir attractif des Méandres de l’Internet et de Netflix sur mon cerveau fatigué en fin de journée… Contrairement à l’année précédente, ça a bien fonctionné en 2016 puisqu’en plus d’avoir atteint mon objectif, je l’ai même dépassé de deux livres – et c’est sans compter deux romans non publiés de mon amie J., que je ne peux pas comptabiliser officiellement dans le challenge mais qui figurent haut dans le classement de mes lectures préférées.

Pour 2017, je suis repartie avec le même objectif de 24 livres, auquel j’ajoute une petite contrainte supplémentaire: y inclure au moins 12 romans. Je vais aussi essayer de puiser davantage dans ma pile à lire physique (entendez par là celle qui prend vraiment de la place dans ma bibliothèque, pas ma to-read list virtuelle qui est de toute façon un puits sans fond) au lieu d’y ajouter constamment de nouveaux titres.

En 2016, j’ai donc lu:

  • 11 bandes dessinées – Dont mes premiers comic books américains, un style qui ne m’attire pas plus que ça pour être honnête, mais je ne pouvais pas passer à côté des aventures de la nouvelle Ms Marvel (et c’était très cool) !
  • 10 romans – Avec peu de variété au niveau des genres cette année, c’est resté principalement du policier, du contemporain et du roman plus ou moins historique. J’ai lu un seul classique, Le Chien des Baskerville, que je me suis rappelé en cours de route avoir déjà lu lorsque j’étais ado (mais c’était chouette quand même) (même si j’ai passé tout le bouquin à haïr Sherlock Holmes de tout mon cœur). En début d’année j’ai également relu un de mes romans préférés, L’Écume des Jours, qui pour une raison triste et mystérieuse n’a pas été tout à fait à la hauteur de mes souvenirs.
  • 3 essais – Deux traitant de féminisme et un de végétarisme. Je lis rarement autre chose que de la fiction, et c’est sans doute une erreur de ma part car ces trois bouquins étaient aussi intéressants qu’instructifs.
  • 1 recueil de nouvelles – Un autre style littéraire que je lis peu, car je préfère pouvoir m’immerger dans des histoires plus longues. J’ai toutefois lu ce recueil de Chimamanda Ngozi Adichie avec beaucoup de plaisir, j’ai été étonnée par sa capacité à créer des personnages complexes et intéressants dans des textes si courts, et ça m’a donné très envie de découvrir davantage cette autrice.
  • 1 pièce de théâtre – Ma grosse déception de l’année, et alors comment vous dire, être déçue par un Harry Potter je crois que ça multiple la déception au moins par 10. Mais vraiment, cet Enfant Maudit, j’ai trouvé ça terriblement mauvais… 🙁

Emma Donogue – Room

Room Emma Donoghue

Jack vient d’avoir 5 ans, et il vit depuis toujours avec sa maman dans la Chambre, dont ils ne sortent jamais. Pour lui, l’univers se résume aux 9 m2 contenus entre ces quatre murs, à l’amour de sa maman et aux objets qui peuplent leur quotidien: le tapis sur lequel il est né, la télévision qui lui montre un monde qui n’existe que dans son écran, le petit placard dans lequel il s’endort le soir, avant la visite de Grand Méchant Nick, l’homme qui les garde enfermés dans la Chambre.

J’ai lu ce roman un peu avant la sortie de son adaptation au cinéma, après avoir lu des tas de critiques enthousiastes un peu partout sur Internet. Et j’ai très vite rejoint la liste des lecteurs convaincus. Room a été pour moi aussi un énorme coup de cœur; une fois commencé j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher, et j’ai bien failli rater mon arrêt de train à cause du même passage qui a valu à ma copine Charlie de rater son arrêt de métro.

L’histoire de Jack et de sa maman est racontée par le petit garçon, et c’est à mon avis une très grande réussite. Le style m’a un peu déconcertée dans les premières pages, mais je me suis très vite rendue compte de la richesse que ce choix narratif apporte au roman: derrière le récit naïf que Jack fait de ses journées dans la chambre, on devine évidemment la réalité sordide dont sa maman parvient à le préserver. Et malgré la dureté du sujet, je me suis souvent surprise à sourire face aux réflexions de Jack sur le monde qui l’entoure et j’ai été émue par la relation fusionnelle et salvatrice qui lie les deux personnages.

Les forêts existent que dans Madame Télé comme les jungles et les déserts, et aussi les rues, les immeubles et les voitures. Pareil pour les animaux sauf les fourmis, Petite Araignée et Mademoiselle Souris mais elle est partie maintenant. Les microbes existent pour de vrai, comme le sang. Les petits garçons n’habitent que dans Madame Télé mais ils me ressemblent un peu, enfin à moi dans Monsieur Miroir où j’existe pas en vrai non plus, juste en image.


Chimanda Ngozi Adichie – Nous sommes tous des féministes

Nous sommes tous des féministes Chimamanda Ngozi Adichie

Nous sommes tous des féministes est une transcription légèrement modifiée d’un discours donné en 2012 par l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie dans le cadre de la conférence TEDxEuston.

L’autrice y parle de sa découverte du féminisme à l’adolescence, et des préjugés auxquels elle a été confrontée: l’idée qu’on n’a plus besoin du féminisme à notre époque; qu’il s’agit d’une notion occidentale qui n’a pas sa place en Afrique; que les féministes détestent les hommes, ne sont pas « féminines », etc. Elle évoque avec justesse, intelligence et une pointe d’humour (d’ailleurs ça vaut le coup de regarder la vidéo de sa conférence, Chimamanda Ngozi Adichie est fabuleuse à écouter parler) les obstacles et les discriminations qu’elle a rencontrées dans une société patriarcale, les injustices que subissent les filles dès leur plus jeune âge, les différences dans l’éducation donnée au enfants selon qu’ils sont nés filles ou garçons et la manière dont ces différences impactent la vie et les aspirations des femmes.

Si le texte se concentre sur l’expérience vécue par son autrice en tant que Nigériane, les problématiques évoquées sont universelles et je pense que beaucoup de femmes y reconnaîtront leur propre expérience. Il s’agit d’un sujet important, et j’ai trouvé l’argumentaire de Chimamanda Ngozi Adichie particulièrement bien construit, à la fois riche et accessible – et surtout parfaitement irréfutable. Le titre anglais, We should all be feminists, résume d’ailleurs à mon avis mieux le texte, qui démontre très bien à quel point nous aurions tous à gagner dans une société moins sexiste.

Le texte principal est suivi par une nouvelle, Les Marieuses, tirée du recueil Autour de ton cou, que j’ai également lu en 2016 et beaucoup aimé.

Nous passons un temps fou à apprendre à nos filles à se préoccuper de l’opinion que les garçons ont d’elles. Mais le contraire n’est pas vrai. Nous n’apprenons pas à nos fils à se soucier d’être aimables. Nous passons un temps fou à répéter à nos filles qu’elles ne peuvent être en colère, ni agressives ni dures, ce qui est déjà assez grave en soi, sauf que nous prenons le contre-pied et félicitons ou excusons les garçons qui, eux, ne s’en privent pas. Dans le monde entier, il y a un nombre incroyable d’articles de magazines et de livres qui abreuvent les femmes de conseils sur ce qu’il faut faire, sur la façon d’être ou de ne pas être pour attirer les hommes ou leur plaire. On ne trouve pas, loin s’en faut, autant de guides de ce genre destinés aux hommes.


Culottée, tome 1 – Pénélope Bagieu

Culottées, tome 1 Pénélope Bagieu

En janvier 2016, Pénélope Bagieu a commencé à publier sur un blog dédié des courtes biographies de femmes qui, à des époques et dans des milieux sociaux et culturels différents, ont bravé les interdits et la pression sociale liés à leur condition féminine pour pouvoir mener leur vie comme bon leur semblait. Chaque lundi, j’ai pris un plaisir fou à lire ces histoires fascinantes et inspirantes, d’autant plus que j’aime énormément le dessin de Pénélope Bagieu mais aussi la touche d’humour qu’elle donne à ces récits. Alors quand elle a annoncé que les billets du blog seraient publiés, j’ai un peu sauté de joie. À travers les 15 portraits qui constituent le tome 1, on découvre les destins de femmes extraordinaires qui ont toutes, à leur manière, marqué l’histoire et aidé à faire évoluer les mentalités.

Le livre en lui-même est un objet magnifique: la couverture est sublime, et pour chaque portrait Pénélope Bagieu a dessiné une très belle illustration en double page, dans un style plus graphique qui s’éloigne un peu de son trait « BD » habituel.

Je n’ai pas encore lu le tome 2 qui vient tout juste de sortir, j’ai très hâte !


Faut-il manger les animaux ? – Jonathan Safran Foer

Faut-il manger les animaux ? Jonathan Safran Foer

À la naissance de son fils, Jonathan Safran Foer se pose la question de la nourriture qu’il souhaite proposer à son enfant. Jusque là végétarien intermittent – « un végétarien qui, à l’occasion, mange de la viande » – il décide de s’interroger sur ce qu’est vraiment la viande: comment est-elle produite ? Comment sont traités les animaux ? Quelles sont les conséquences économiques, sociales, écologiques liées au fait de les manger ? Viennent ensuite les questions d’ordre moral: les traditions et le goût suffisent-ils à justifier les souffrances que nous imposons aux animaux destinés à finir dans nos assiettes ?

J’avais déjà bien entamé ma transition vers une alimentation végétarienne lorsque j’ai commencé ce bouquin, en septembre 2015. Je ne cherchais pas dans cette lecture l’élément déclencheur qu’elle a été pour certains, mais plutôt des arguments pour expliquer ma démarche autour de moi. Avant même d’entrer dans le débat moral de savoir s’il est ou non justifiable de manger des animaux, j’estime qu’il est important de comprendre vraiment d’où vient la viande et ce qu’implique le fait de choisir d’en consommer. Et c’est justement le but de la démarche de l’auteur.

J’ai beaucoup aimé l’honnêteté de son approche, ainsi que le fait qu’il ne cherche pas à être culpabilisant. Il évoque à plusieurs reprises les raisons culturelles et sociales pour lesquelles beaucoup d’entre nous mangent – ou ont mangé – de la viande sans vraiment se poser de questions. Dans le cadre de son enquête, Jonathan Safran Foer a recueilli des témoignages d’employés d’abattoirs, accompagné des militants pour les droits des animaux ou rencontré des éleveurs indépendant qui luttent contre les pratiques de l’élevage industriel. À aucun moment il ne tient un discours moralisateur: il expose des faits, des pratiques courantes liées à l’industrie de la viande qu’on préfère souvent ne pas connaître. Plus qu’un manifeste en faveur du végétarisme, c’est un livre qui pousse à réfléchir et à prendre nos responsabilité par rapport à notre alimentation.

Nous vivons dans un monde où il est considéré comme normal de traiter un animal comme un bout de bois, et extrémiste de traiter un animal comme un animal.

*

Jusqu’à quel point une pratique culinaire doit-elle être destructrice avant que nous décidions de manger autre chose ? Si le fait de savoir que l’on contribue aux souffrances de milliards d’animaux qui mènent des vies misérables et (bien souvent) meurent dans des conditions atroces ne parvient pas à nous motiver, qu’est-ce qui le fera ? Si le fait d’être le premier contributeur à la principale menace qui pèse sur la planète (le réchauffement climatique) n’est pas suffisant, qu’est-ce qui le sera ? Et si vous avez envie de repousser ces questions de conscience à plus tard, de dire « pas maintenant », alors, quand ?


Prodigieuses créatures – Tracy Chevalier

Prodigieuses créatures Tracy Chevalier

Au tout début du 19e siècle, Elizabeth Philpot doit quitter Londres avec ses sœurs pour s’installer dans une petite ville côtière du sud ouest de l’Angleterre. Dans une société où le rang d’une femme est déterminé par son mariage, Elizabeth se sait destinée à demeurer vieille fille, malgré son intelligence et son instruction. Sur les plages de Lyme Regis, elle se découvre une passion pour la chasse au fossiles, une activité très en vogue mais considérée comme peu distinguée pour une femme.

C’est ainsi qu’elle rencontre Mary Anning, une jeune fille pauvre et peu instruite qui deviendra l’une des grandes figures de la paléontologie, à une époque où les hommes ne tolèrent pas la présence d’une femme au sein de la communauté scientifique, et où la science se heurte violemment aux croyances religieuses.

Mary Anning a réellement existé, elle fait partie de ces femmes dont on entend rarement parler, qui ont été invisibilisées malgré leur contribution essentielle à la société. J’ai adoré lire son histoire et celle d’Elizabeth Philpot, de ces femmes déterminées, qui luttent comme elles peuvent pour se faire une place dans une société dirigée par les hommes. J’ai également trouvé très intéressant de constater à quel point, il y a à peine plus de 200 ans, la religion chrétienne court-circuitait les avancées scientifiques. La simple idée qu’une espèce ait pu exister puis s’éteindre était considérée comme un blasphème, car elle remettait en question le fait que Dieu ait créé un monde parfait.

« Qu’est-ce que c’est, si ce n’est pas un crocodile ?
– Une créature qui n’existe plus. » J’attendis un instant, pour voir si Dieu allait me faire dégringoler le plafond sur la tête. Rien ne se produisit, sinon que le serveur arriva pour remplir nos tasses une nouvelle fois.


La Terre qui penche – Carole Martinez

La terre qui penche Carole Martinez

À 11 ans, Blanche rêve d’apprendre à lire et à écrire pour être une femme libre. Mais dans la Bourgogne du 14e siècle, l’instruction d’une fille n’est pas la priorité de son père, qui juge que cela attire le diable. Il préfère la fiancer sans qu’elle le sache au fils d’un Seigneur voisin, en grande partie pour se débarrasser de cette enfant au caractère un peu trop affirmé pour une jeune fille de son époque.

J’ai retrouvé avec un immense plaisir le style poétique de Carole Martinez, une de mes autrices préférées. La terre qui penche est le deuxième de volet d’un projet commencé avec Du Domaine des Murmures: parler de la condition féminine au travers de personnages vivant dans un même lieu mais à des époques différentes.

On retrouve donc le château fictif des Murmures, 200 ans plus tard, dans un récit raconté à deux voix; celle de la petite Blanche et celle de sa Vieille Âme, qui perdure des siècle après sa mort. On y découvre le quotidien de cette très jeune fille qui souhaite avant tout une liberté qu’on lui refuse – son destin de femme est d’obéir à son père et d’épouser celui qu’il aura choisi pour elle – auquel Carole Martinez mêle des éléments fantastiques tirés de croyances et de légendes régionales. Blanche est un personnage à la fois fort et touchant, j’ai ressenti une immense empathie pour elle tout au long du récit.

« Ton père arrive, il faudra le suivre. Les filles n’ont pas leur mot à dire dès qu’il est question de les marier. Les filles n’ont rien à dire d’une façon générale. »

*

Les religions grandissent, vieillissent et, sans doute, finiront-elles toutes par tourner au mythe. Certaines s’enkystent pour survivre, d’autres luttent pour s’imposer, pour rester vivantes, puissantes, effrayantes. Il arrive que des assoiffés de pouvoir dirigent des affamés de sens, leur tracent la voie à suivre, justifient la violence, se justifient par la violence, utilisent les plus sauvages pour régner sur les craintifs et terrasser les autres.


Commando Culotte – Mirion Malle

Commando Culotte Mirion Malle

Avant d’être un livre, Commando Culotte c’est le blog de la dessinatrice Mirion Malle. Je dois avouer ne pas être une immense fan de son style graphique, ni une lectrice régulière de son blog, mais ça ne m’a pas empêchée de beaucoup apprécier ma lecture de cette BD et de la trouver très, très intéressante.

La spécialité de Mirion Malle, c’est de décrypter films et séries TV avec un regard féministe, de traquer les clichés sexistes récurrents dans la culture populaire et de démontrer leur impact sur notre société. À ces critiques s’ajoutent des chapitres plus théoriques, où elle explique certaines notions de féminisme. C’est à la fois pédagogique et très drôle, cette BD est un excellent outil pour apprendre à développer un regard plus critique sur les œuvres que nous aimons.

Je vous mets là quelques unes de mes notes préférées issues du blog (toutes ne figurent pas dans le livre):

On est constamment soumis à un tas d’informations, par exemple via les œuvres de fiction; informations qu’on va assimiler sans trop réaliser. C’est pour ça que la question de la représentation est super importante.


La Tentation de la Pseudo-Réciproque – Kylie Ravera

La Tentation de la Pseudo-Réciproque Kylie Ravera

Peter Agor est étudiant en classe préparatoire dans le prestigieux lycée Pépin-le-Bref, et le souffre douleur de son prof de math, matière dans laquelle il n’excelle pas vraiment. Lorsqu’il découvre par hasard des menaces de mort rédigées par ce dernier à l’attention d’une personne dont il ignore l’identité, il décide de faire appel à Eléanore Marolex, une jeune et brillante détective privée, pour enquêter sur les événements étranges qui se déroulent entre les murs de son lycée.

C’est très, très difficile de vous parler de ce roman original et farfelu sans en dévoiler trop. Au départ, j’ai surtout été intriguée par son titre un peu mystérieux, et je ne savais pas du tout dans quoi je mettais les pieds en ouvrant le bouquin. Dès la première phrase, le décor est posé: c’est drôle, absurde et intelligent. Kylie Ravera s’amuse aussi bien avec la langue française qu’avec ses personnages et son intrigue, l’enthousiasme qu’elle a mis dans l’écriture de cette histoire est communicatif. J’ai passé un excellent moment !

Et puis surtout, il y a des chats !

La Tentation de la Pseudo-Réciproque et le premier tome d’une « une série de 7+1+1 romans » (je vous laisse calculez par vous-mêmes) auto-édités, et est disponible gratuitement au format numérique sur le site de son autrice. Je n’ai pas encore lu la suite, mais le tome 2 fera certainement partie de mes lectures de 2017 !

C’était un de ces matins de février pluvieux et froids, un matin gris tirant sur le blanc cassé, avec une pointe de marron et des bordures noires, un de ces matins qui projettent sur le reste de la journée une ombre triste et glacée, un matin blême, un matin morne, un matin moribond prêt à se suicider dans l’œuf de l’aube dans le seul but d’emmerder le lever du soleil, un de ces matins où les passants du boulevard Saint-Michel auraient pu jaillir de la brume tels des guerriers des ténèbres, sublimes et féroces, si la brume en question ne s’était justement fait remarquer par son absence, venant ainsi foutre en l’air une atmosphère qui aurait pu être brillamment évocatrice.

Bref, c’était vraiment un très sale matin.


La liste complète


Et vous, c’était quoi, vos plus belles lectures de 2016 ?

7 commentaires

  1. Charlie

    Répondre

    Il est fabuleux ce petit dinosaure rose !

    Tellement contente que tu aies autant aimé Room ! Un livre tellement poignant qui me laisse une souvenir impérissable (autre que celui de m’être retrouvé à la station Père-Lachaise en me demandant bien ce que je faisais là :p). Je ne me rappelle plus si tu as vu le film ?

    Il y a plusieurs ouvrages de ta liste qui me tentent, et je pense devoir en faire venir certains de France (comme Les Culottées que je ne trouve nulle part ici), et Nous sommes tous des féministes me fait de l’oeil depuis bien trop longtemps !

    (et alors comment ça tu n’as pas aimé ce chef d’oeuvre qu’est The Cursed Child, avec ses rebondissements de folie ultra crédibles et ses personnages pas du tout bousillés ?)

    1. Aline

      Répondre

      Haha oui je l’adore ce t-rex ^^

      Oui j’avais beaucoup aimé l’adaptation de « Room » ! En grande partie parce que Brie Larson et le petit qui joue Jack (et dont j’ai oublié le nom) sont fabuleux.

      « Nous sommes tous des féministes » est vraiment intéressant à lire, en fait on devrait l’avoir sur nous en permanence pour pouvoir le coller dans les mains des gens qui nous disent qu’on a plus besoin du féminisme à notre époque ! Ça devrait être une lecture obligatoire pour tout le monde en fait (c’est le cas en Suède, j’avais lu l’année passée qu’ils allaient le donner à tous les ados, je trouve cette idée formidable). Et bon je te conseille carrément « Culottées », même si tout est resté disponible gratuitement sur le blog les deux livres sont vraiment magnifiques *.*

      Hahaha ce rebondissement digne d’un auteur de fanfic de 12 ans et demi, j’en rigole encore (et je pleure un peu aussi). Sérieux je ne comprends toujours pas comment les gens impliqués dans l’écriture de cette pièce ont pu laisser passer ça… On savait que Rowling a peu de respect pour sa propre œuvre depuis l’adaptation du « Prisonnier d’Azkaban » (non je ne m’en toujours remets pas) mais là ça va trop loin ! ç_ç Tu es allée voir la pièce finalement ? Malgré tout j’avoue je suis quand même intriguée de savoir ce que ça donne sur scène ^^’

  2. Charlie

    Répondre

    Non je ne suis pas encore allée voir la pièce. Comme toi, ça m’intéresserait pour voir la mise en scène, mais je n’ai pas envie de mettre 60£ ou plus là-dedans. Du coup je me rabats à tenter ma chance au Friday Forty de temps à autre, car les places n’y sont vraiment pas chères, mais forcément, à coup de 40 billets vendus par semaine, je n’ai toujours pas été tirée au sort pour le moment. ^^

  3. Petite G

    Répondre

    J’ai lu aussi « La terre qui penche  » en 2016, énorme coup de coeur, j’avais lu aussi « Du domaine des murmures », qui lui fait écho. Room est un de mes coups de coeur plus anciens, et Culottées mon coup de coeur de cette semaine 🙂

    De mon côté je retiens de mes lectures 2016: « Toute la lumière que nous ne pouvons voir », « L’amie prodigieuse-tome 1 », « L’homme de la montagne » et « Les règles d’usage » de Joyce Maynard, « Murmures dans un mégaphone », « Fairyland » de Alyssia Abott et surtout « Intérieur nuit » de Marisha Pessl <3

    1. Aline

      Répondre

      « La terre qui penche » était vraiment une très belle lecture, j’aime énormément Carole Martinez <3 Est-ce que tu as lu son premier roman, "Le cœur cousu" ? Si ce n'est pas le cas je te le conseille, c'est une pépite !

      J'ai justement mis "L'amie prodigieuse" dans ma liste d'envies il y a quelques jours 🙂 Je ne connais en revanche pas du tout les autres, merci beaucoup pour toutes ces recommandations !

      1. Petite G

        Répondre

        Oh oui j’avais adoré aussi Le coeur cousu ! (en plus j’en garde un souvenir particulier car je le lisais en allaitant ma première fille, la nuit-ça m’évitait de trop piquer du nez!-) : ces mots, ce silence, et ce bonheur incomparable de sentir ma toute petite contre moi,c’était merveilleux !

        1. Aline

          Répondre

          Ça doit être un merveilleux souvenir ! 🙂

          « Le cœur cousu » m’avait beaucoup touchée à l’époque où je l’ai lu, j’en ai relu quelques passages l’année dernière et je me suis retrouvée tout autant fascinée par la plume de Carole Martinez <3 Ça me fait toujours plaisir de croiser des gens qui ont aimé ce roman, je trouve qu'il n'est pas assez connu !

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