Instantanés – Printemps 2018

Les premières jonquilles du printemps Exercices d'aquarelle La jolie ardoise de la cuisine du bureauBalade au bord de la vieille Aar Repas végétalien et verre de vin au First Friday Fin de journée au bord du lac de Neuchâtel

C’est un peu étrange, de venir ici parler du printemps alors que l’été est déjà bien installé et que j’ai l’impression de me liquéfier derrière mon ordinateur. J’ai tenté plusieurs fois de commencer la rédaction de ce billet au cours des dernières semaines, mais l’envie n’était pas vraiment là. Ça vaut pour l’ensemble du blog en fait, en publiant mon bilan de lectures du printemps et et les photos d’une petite balade dans les environs de Soleure, la semaine dernière, j’ai réalisé que trois bons mois s’étaient écoulés depuis mon article précédent. C’est la première fois, en presque quatre ans, que je fais une pause aussi longue dans mon activité bloguesque (ce mot existe-t-il ?); la motivation n’était plus au rendez-vous, et j’ai décidé de ne pas me forcer. Ces derniers mois – celui de juin en particulier – ont été un peu compliqués, chargés émotionnellement et avec du boulot par-dessus la tête. Maintenant que je commence à reprendre pied, j’ai envie de revenir un peu sur ce drôle de printemps.

Avril

En avril, il y a eu les premiers repas sur le balcon, le retour des balades au grand air, que ce soit dans la forêt ou au bord d’un de nos deux jolis lacs, les belles jonquilles printanières – fun fact, j’ai fait exactement la même photo, exactement le même jour un an auparavant. Un samedi après-midi, on a participé à la mise en place de bacs de potagers partagés, installés par le Parlement des Jeunes de Bienne depuis quatre ans sur plusieurs places d’un centre ville. C’était un chouette moment, j’ai planté de mes petites mains un bébé plant de courgettes qui depuis n’en finit plus de produire fleurs et légumes ♥︎

En avril, il y a eu le déménagement de l’agence où je travaille dans de nouveaux bureaux, la veille de Pâques et d’une petite semaine de vacances. Même quartier, mais changement d’ambiance. C’est la première fois, en 10 ans de vie professionnelle, que j’ai la chance de travailler dans un lieu qui me plait autant, un lieu inspirant et créatif, à deux pas du lac histoire de pouvoir s’aérer le cerveau de temps en temps – et en plus, on est super bien équipés pour boire du bon café !

Ce printemps, j’ai aussi décider de me mettre un peu sérieusement à l’aquarelle. J’avais envie de me lancer dans des petits défis créatifs, de consacrer quelques minutes chaque jour à cette pratique… pour l’instant c’est raté, j’ai encore du mal à en faire une pratique régulière. Mais même si c’est pour l’instant de manière ponctuelle, j’éprouve un grand plaisir à m’installer, de temps en temps, pour m’accorder ces petites parenthèses créatives. J’en parlerai d’ailleurs sûrement plus en détail, mais la pratique d’une activité créative juste pour le plaisir me manque depuis des années, et encore aujourd’hui je dois beaucoup lutter pour me détacher de tout un tas de réflexes et de conditionnements plus ou moins toxiques acquis pendant mes études en école d’art appliqués. J’ai essayé plein de trucs, mais je ne me trouve jamais assez douée, je ne progresse jamais assez vite, et je finis par laisser tomber. L’aquarelle, pour l’instant, m’apporte une satisfaction simple, sans aucune recherche intellectuelle ou conceptuelle, juste la joie de voir les couleurs se mélanger et de persévérer dans une activité pour laquelle je me pensais nulle – et pour une fois, ça m’importe au final assez peu de savoir si je suis nulle ou non.

Spaghetti au pesto d'ail des ours sur le balcon Barbouillages du dimanche matin Balade en forêt Balade au bord du lac de Neuchâtel Salade et sandwich dans la vieille ville de Bienne Les jolis arbres en fleurs le long du canal L'indispensable café du mardi matinBacs de potagers partagés à Bienne

Mai

Mai est un des mois que je préfère dans l’année; le printemps est bien installé, il fait beau mais encore frais, on est loin aussi bien du froid hivernal que des grosses chaleurs de juillet et août. Cette année, mon mois de mai a été marqué par une activité sociale aussi intense qu’inhabituelle; il y a eu les cafés au marché et les restos avec les copines biennoises, mon inscription à un chouette réseau d’entrepreneuses et la première rencontre, autour d’un super apéro, avec d’autres femmes indépendantes de ma région. Et puis la visite, pendant quelques jours, de mon amie Julie, qui vient nous voir une fois par an depuis Paris. Au programme, une belle balade le long des vignes qui bordent le lac de Bienne, des pâtes au pesto, des films de geeks, des Lego Star Wars et un millier – au moins – de conversations.

Depuis pas loin de 20 ans (la vache, vingt ans…), Internet m’a permis de faire beaucoup de belles rencontres, dont certaines ont débouché sur des amitiés solides. Bien avant les réseaux sociaux, il y avait ces listes de discussion par e-mail autour d’une thématique particulière, les forums sur Caramail, les blogs codés à la main par nos petits doigts qui débutaient en HTML 4. On habitait Lyon, Lille, Paris, Reims, la Normandie, la Suisse ou l’Angleterre, on se retrouvait autour d’une passion commune pour Urgences ou l’écriture de webséries, on était tou·te·s un peu nerds sur les bords et surtout heureux·ses de pouvoir partager nos centres d’intérêt avec des personnes qu’on n’aurait jamais connues autrement.

Aujourd’hui, les rencontres sont devenues plus locales, mes copines blogueuses ou instagrammeuses habitent parfois à quelques minutes de chez moi (c’est assez pratique pour aller boire un café le samedi matin !), mais Internet me permet toujours et encore de tisser de belles relations autour d’intérêts et de valeurs communes.

Balade le long du chemin des vignes, au bord du lac de Bienne Première sortie en bateau sur le lac de Neuchâtel Mon petit potager de balcon Les repas du soir sur le balcon Fin de journée sur le lac de Neuchâtel La jolie glycine dans les rues d'un petit village du bord du lac de Bienne

Juin

En juin, il y a eu beaucoup de beaux moments, mais aussi beaucoup de stress et surtout une grosse fatigue qui s’est peu à peu installée. Je n’y ai pas trop prêté attention dans un premier temps, j’ai mis ça sur le compte d’une importante charge de boulot, des échéances qui tombaient toutes en même temps, du sommeil compliqué à cause de la chaleur et du jour dès 5 heures du matin. Il est possible que j’ai poussé un peu trop, aussi bien mon corps que mon cerveau, et qu’ils se soient tous les deux mis d’accord pour me le faire payer ensuite – ou juste pour me forcer à ralentir. Ce n’est pas toujours facile, d’oser dire « je ne peux pas, j’ai besoin de repos ». D’accepter mes limites. De me sentir légitime à ressentir cette fatigue. Je n’ai pas d’enfants, je ne travaille pas 50 heures par semaine, je fais un job qui me plait et qui n’est pas physique, je suis en bonne santé, mon conjoint me soutient aussi bien émotionnellement que financièrement dans mes projets. Et pourtant, quand on en vient à pleurer pendant dix minutes à cause de cookies mal cuits ou d’une demande un peu absurde de la part d’une cliente, il est probablement nécessaire d’admettre que ça ne va pas super bien, de lever le pied et de prendre un minimum de recul. Alors j’ai posé une semaine de congé, pendant laquelle je n’ai RIEN fait d’autre que dormir, lire, me balader un peu et avaler deux saisons de Unbreakable Kimmy Schmidt. Je ne peux pas affirmer que tout va radicalement mieux depuis, j’ai l’impression que tout me prends beaucoup de temps et que ma concentration reste vacillante. Mais l’envie de faire plein de choses est déjà revenue, l’énergie suivra tôt ou tard. En attendant, cette pause un peu forcée m’a permis de rationaliser beaucoup de choses, surtout par rapport au boulot. Mes client·es ont fait preuve de beaucoup de compréhension, ça a été un immense soulagement de réaliser que la pression que je ressentais venait principalement de moi-même. Quand je gérais une petite équipe de webdesigners, dans mon précédent job, je leur répétais souvent qu’on n’est pas neurochirurgien·nes, la vie de personne ne dépend de notre boulot. Nos erreurs peuvent toujours être corrigées et personne ne mourra si la date de mise en ligne d’un site doit être repoussée de deux semaines. Il semble que j’avais peut-être besoin d’une petite piqûre de rappel personnelle.

Et puis je regarde les photos ci-dessous, publiées en juin sur Instagram, et je réalise à quel point elles ne reflètent pas du tout ce que je raconte ici. Je parle rarement de ce qui ne va pas en ligne. Particulièrement sur Instagram, qui est pour moi avant tout une collection de beaux moments et de souvenirs heureux, je ne partage que les petites choses du quotidien qui m’apportent de la joie. Je ne vois pas l’intérêt de montrer mon bureau que je n’ai pas pris le temps de ranger depuis des lustres, ma fournée de cookies mal cuits (en vérité ils étaient plutôt bons quand même), ou de partager ce mardi matin que j’ai préféré passé au lit plutôt que me rendre à un petit déjeuner de réseautage. Quand je regarderai mes propres photos dans un mois ou dans un an, ce n’est pas de ça dont j’aurai envie de me souvenir, mais de toutes ces petites choses qui m’ont fait sourire et qui m’ont fait du bien dans cette période un peu bof.

Alors voilà, quelques images de beaux paysages, de bonne nourriture, des vaches heureuses vivant dans un sanctuaire de la campagne bernoise, d’une aquarelle inspirée par un de mes blog préférés, d’un bon repas partagé dans l’herbe avec la personne que j’aime le plus au monde, et de notre Doudou qui, presque un an après qu’on ait eu si peur de le perdre, a fêté ses neuf ans et ne compte pas s’arrêter de pourfendre les terribles sacs de jute ♥︎

Les vaches libres du sanctuaire de Kallnach, dans le Seeland Bernois Mon Doudou a fêté ses neuf ans Balade dans les ruines du château de Neu-Falkenstein Vue sur le parc régional de Thal depuis les ruines du château de Neu-Falkenstein Repas végétalien dans l'herbe au PlusQ'Île Festival, au bord du lac de Bienne Le plant de tomates cerises a bien poussé ! Les vaches libres du sanctuaire de Kallnach, dans le Seeland Bernois Exercice d'aquarelle

2 commentaires

  1. kReEsTaL

    Répondre

    Je suis étonnée d’être la première à commenter ce superbe billet ! Tout le monde réclame des billets « plus personnels », mais personne (ou presque) n’est là pour les commenter quand on en publie…

    en publiant mon bilan de lectures du printemps et et les photos d’une petite balade dans les environs de Soleure, la semaine dernière, j’ai réalisé que trois bons mois s’étaient écoulés depuis mon article précédent. C’est la première fois, en presque quatre ans, que je fais une pause aussi longue dans mon activité bloguesque (ce mot existe-t-il ?); la motivation n’était plus au rendez-vous, et j’ai décidé de ne pas me forcer.

    Lire ce billet a justement été le déclencheur qui m’a motivée à terminer ma propre « rétrospective en photo », que j’ai publiée il y a quelques jours. J’avais commencé à la rédiger il y a des semaines, et avant ça j’y pensais depuis des mois, et j’ai eu un mal fou à la terminer. Donc merci pour le coup de pouce involontaire ! 🙂

    Sur la motivation pour bloguer : je crois qu’il ne faut pas se forcer quand on n’a pas envie. Le blog ne doit pas prendre la priorité sur la vie. Ce qui compte, c’est l’instant présent, les personnes qui sont là sur le moment ; passer des heures à rédiger des trucs pour Internet est un passe-temps que j’aime beaucoup, mais quand je traverse des zones de turbulences, c’est vraiment le dernier de mes soucis…

    J’ai longtemps culpabilisé de ne pas réussir à publier de nouveaux billets aussi régulièrement que je le voulais ; et puis j’ai réalisé que personne ne s’en rend compte, et que j’alourdissais ma charge mentale pour rien. La terre ne va pas s’arrêter de tourner parce que tu fais une pause. Il y a déjà tellement de bruit et d’activité sur le net, c’est tout à ton honneur de faire une pause. Ça ne rend tes nouveaux billets que plus savoureux encore !

    L’aquarelle, pour l’instant, m’apporte une satisfaction simple, sans aucune recherche intellectuelle ou conceptuelle, juste la joie de voir les couleurs se mélanger et de persévérer dans une activité pour laquelle je me pensais nulle – et pour une fois, ça m’importe au final assez peu de savoir si je suis nulle ou non.

    Ce passage m’a fait sourire, car je ressens la même chose ! Je traîne moi aussi un lourd passif d’envies créatives frustrées et de découragement, et la découverte de l’aquarelle a été un déclic. Je galère aussi à peindre régulièrement, mais cela reste néanmoins un rendez-vous mensuel (je m’y oblige, au moins pour créer l’illustration de chacune de mes revues de web !).

    Je suis heureuse que l’aquarelle t’apporte de la joie, et que tu arrives à débrancher ton cerveau quand tu en fais. Il n’y a pas de meilleure sensation que de laisser le pinceau glisser sur la feuille, et de découvrir la singularité de chaque mélange de couleurs.

    Bien avant les réseaux sociaux, il y avait ces listes de discussion par e-mail autour d’une thématique particulière, les forums sur Caramail, les blogs codés à la main par nos petits doigts qui débutaient en HTML 4.

    Ouiii ! Bon, concrètement, je préfère les possibilités offertes par HTML et CSS aujourd’hui qu’à l’époque (remember IE6), mais je suis assez nostalgique de cette période « old school blogging ». Facebook (et Instagram) a tué les forums, les sites perso et même dans une certaine mesure les blogs… Dès qu’une copine blogueuse annonce qu’elle arrête de bloguer au profit de son compte Instagram, car « elle y est plus suivie » et « il y a plus d’interactions là-bas », un bébé rhododendron meurt…

    Je ne comprendrai jamais ce choix, d’aller poster TOUS tes contenus sur une plateforme sur laquelle tu n’as pas la main, que tu ne peux pas sauvegarder, etc. Cela me dépasse complètement. En plus, les interactions à base de « likes » sont tellement limitées… Ok, c’est valorisant sur le moment, mais ça n’a rien à voir avec les échanges que l’on peut avoir par commentaires ou par mail. Mais bon, j’ai conscience d’avoir la chance de recevoir de super commentaires sur mes billets, et je conçois que cela puisse être déprimant à la longue de n’en recevoir aucun.

    Pour nuancer un peu mon propos, je reconnais à Instagram le fait de faire connaître des personnes qui vivent dans le même coin que toi (si elles géolocalisent leur contenu). C’est comme ça que j’ai fait la connaissance de Miss Pakotill, qui est devenue une amie depuis. Les réseaux sociaux permettent de faire connaissance plus rapidement, car on y partage des bribes de soi plus « quotidiennes » et personnelles que sur un blog (support où on a tendance à lisser les choses au maximum et où on s’auto-censure beaucoup, je trouve).

    Allez, j’arrête cette tartine là pour aujourd’hui, en te redisant une fois encore à quel point j’adore cette belle aquarelle lunemauvienne que tu as faite ! ♥︎ Je suis toujours heureuse quand tu publies ce genre de billet, je les adore !

  2. Revue de web – été 2018 • Inspiration • La Lune Mauve

    Répondre

    […] le magnifique bilan photo printanier d’Aline, avec de nombreuses réflexions sur la créativité et le blogging dans lesquelles je me […]

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