Ce que j’ai préféré à Londres

Promenade au cimetière de Highgate, dans le nord de Londres

Londres, nous y étions déjà allés il y a presque 10 ans – je crois d’ailleurs qu’il s’agissait de nos toutes premières vacances en amoureux. C’était début novembre, juste avant mon anniversaire, et j’en garde un souvenir un peu vague: beaucoup de pluie le jour où nous avons visité Camden Market, la nuit qui tombe à 16h, les œuvres étranges de la Tate Modern, William Turner à la National Gallery, le choix fabuleux de bières à la pression dans les pubs, la nourriture pas franchement dingue. Dix ans plus tard, beaucoup de choses ont changé dans notre manière de voyager, surtout lorsque nous visitons une ville, et j’avais hâte de voir comment ça influencerait mon expérience de Londres. Nous accordons beaucoup moins d’importance au fait de voir les lieux touristiques « incontournables », nous savons mieux ce qui nous plait, ce qui nous intéresse: les endroits un peu geek ou alternatifs, les grands espaces verts au cœur des villes (vous connaissez mon amour pour les jardins botaniques), et surtout flâner dans les rues de traverse, observer l’architecture, imaginer la vie des gens qui vivent là. Même lorsque nous visitons des lieux ou des monuments touristiques, ce n’est généralement pas là que nous nous attardons le plus car la foule me met de plus en plus mal à l’aise.

Pour ces quelques jours passés à Londres – seulement deux car le 3ème était réservé à la visite des Studios Harry Potter, dans le nord de la ville – nous avions un programme bien bien bien rempli, grâce à mes copines qui visitent régulièrement cette ville ou qui y vivent. La météo s’est montrée fort clémente pendant toute notre semaine en Angleterre, nous avons donc eu la chance de redécouvrir sa capitale sans une seule goutte de pluie; en bons petits vampires, nous avons même tous les deux réussi à attraper un coup de soleil sur le nez, ceci devient officiellement la running joke de nos vacances.


Le cimetière de Highgate

Sitôt nos bagages déposés dans notre Bed & Breakfast, nous filons prendre le métro en direction du nord de Londres. En gros, à peine arrivé en ville, on se barre déjà du centre pour aller chercher un peu de calme dans la nature.

Le cimetière de Highgate fait partie des Magnificent Seven, sept grands cimetières construits au milieu du 19e siècle dans la périphérie de Londres. Jusque là, les morts étaient enterrés dans des petits cimetières autour des églises, en pleine ville, ce qui engendrait à la fois un problème de place, et des risques sanitaires.

Dès son ouverture en 1839, le cimetière est destiné à être un lieu de promenade aussi bien que de recueillement. Il devient très vite un endroit « à la mode » parmi la population londonienne, si bien qu’une extension est ouverte 20 ans plus tard. À ce moment-là, la partie la plus ancienne compte déjà plus de 10’000 sépultures.

Avec ses tombeaux et ses grandes sculptures gothiques, ses catacombes et sa végétation sauvage, le cimetière de Highgate stimule depuis longtemps l’imaginaire humain. Au fil des décennies, il a servi régulièrement de décor à des histoires de fiction, sur papier ou au cinéma, et un vaste folklore fantastique y est associé.

Sa légende la plus célèbre est celle du Vampire de Highgate, qui engendra une panique collective au tout début des années 1970. Un groupe de jeunes adeptes d’occultisme s’y rendait alors régulièrement de nuit, et l’un d’eux raconta y avoir aperçu une entité surnaturelle, durant la nuit de Noël. Plusieurs personnes affirmèrent avoir elles aussi rencontré des apparitions fantomatiques sous différentes formes – dont celle d’un fantôme cycliste.

Suite à ces témoignages, les esprits et les médias s’échauffent, des chasseurs de vampires investissent les lieux, des tombes sont profanées, des cadavres décapités. Une vieille légende refait alors surface, selon laquelle le cercueil d’un vampire aurait été transporté depuis la Roumanie au début du 18e siècle et entreposé ensuite à Highgate. Le vampire aurait été réveillé par les expériences occultes menées au sein du cimetière, et hanterait à présent le cimetière, se nourrissant de sang d’animaux et terrorisant les visiteurs. Une enquête officielle est ouverte sans résultat, les policiers ne sachant pas vraiment ce qu’ils devaient chercher. Parmi les chasseurs de vampires qui traquent la terrible créature, deux d’entre eux, David Farrant et Sean Manchester, clament chacun qu’ils seront le premier à la trouver et la tuer. Ils décident de régler la question par un duel de sorciers qui n’aura toutefois jamais lieu: Farrant est arrêté et incarcéré pour violation de sépultures. L’histoire se tassa peu à peu au fil des années mais continue à imprégner les lieux et à inspirer les conteurs et les adeptes de paranoamal.

Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres

Ce n’est toutefois pas un cimetière lugubre et hanté que nous découvrons lors de notre visite, mais un endroit paisible, empreint d’une beauté un peu étrange. Aujourd’hui, le cimetière de Highgate est toujours divisé en deux parties; la plus ancienne, la partie ouest, ne peut être visitée que par visite guidée, pour des questions de sécurité et de préservation des lieux. La partie plus récente est en revanche accessible au public, au prix de 4£. Si elle semble moins majestueuse que ce que montrent les images de la partie ouest, la partie est n’en est pas moins intéressante à explorer et j’apprécie d’ailleurs de pouvoir le faire à mon rythme, sans devoir suivre un guide.

Que l’on suive les grandes allées qui parcourent le cimetière, ou qu’on s’en éloigne pour se perdre au milieu des arbres, les pierres tombales que l’on croise sont de véritables œuvres d’art sur lesquelles on devine le passage du temps; recouvertes de lierre et d’autres plantes grimpantes, en partie dissimulées sous la végétation, parfois incrustées dans les troncs d’arbres, on a l’impression que la nature reprend peu à peu ses droits sur les ouvrages humains. Ce n’est pourtant pas tout à fait le cas; dans cet article publié en début d’année sur Slate, le directeur de l’association qui gère le cimetière de Highgate explique que son entretien requiert un travail considérable, effectué par une équipe de six jardiniers qui s’assurent de conserver son préserver l’ambiance « décrépie et romantique », en évitant que tout ne tombe en ruine. La nature y reste néanmoins très libre: la plupart des végétaux ont poussé sans intervention humaine, et les lieux abritent de nombreux oiseaux et petits animaux.

Highgate Cemetery
Swain’s Lane
Highgate, London

Tarif: 4£ par personne pour la partie est du cimetière (gratuit pour les enfants et les jeunes de moins de 18 ans). La partie ouest est accessible uniquement par visite guidée, au prix de 12£ par adulte et 6£ par enfant de moins de 16 ans.

highgatecemetery.org/visit

Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de LondresVisite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres
Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de LondresTombe de l'écrivain Douglas Adams, au cimetière de Highgate Tombe d'origine de Karl Marx, au cimetière de Highgate dans le nord de Londres

Le cimetière de Highgate compte un certain nombre de résidents connus, surtout britanniques: artistes, personnalités politiques, scientifiques, écrivains et écrivaines, journalistes, quelques criminels aussi (dont celui qui aurait inspiré à Sir Arthur Conan Doyle le personnage du professeur Moriarty, l’ennemi juré de Sherlock Holmes), et un agent secret soviétique. Mais la sépulture qui attire le plus de visiteurs est celle de Karl Marx, qui est enterré ici avec une partie de ses proches. À sa mort en 1883, Karl Marx est inhumé auprès de son épouse Jenny von Westphalen sous une dalle discrète, dans une zone du cimetière réservée aux personnes athées et agnostiques. Leurs dépouilles, ainsi que celles de plusieurs autres membres de leur famille, seront déplacées en novembre 1956 et réunies sous un imposant mémorial créé par le parti socialiste anglais. La nouvelle tombe, conçue par un sculpteur socialiste britannique, est constituée d’un immense bloc de marbre sur lequel repose un tout aussi gigantesque buste en bronze de Marx. On peut y lire l’inscription « Workers of all lands unite ».

Nous avons également pu voir la tombe de Douglas Adams, auteur britannique connu pour avoir écrit The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy. Une tombe toute petite à côté de laquelle nous serions passés sans la remarquer si quelques objets déposés au pied de la pierre n’avaient pas attiré notre attention. Parmi ses offrandes, un exemplaire du Hitchhiker’s Guide, quelques fleurs fanées, le nombre « 42 » inscrit sur une plaquette et sous forme de bougies d’anniversaire, et un pot rempli de stylos laissés là par ses lecteurs et lectrices.

Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres
Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de LondresVisite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres
Visite du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres

Le Musée d’Histoire Naturelle

Le Musée d’Histoire Naturelle de Londres nous a été présenté par ma copine Julie en tant que « le plus beau musée gratuit de Londres », et par ma copine Charlie comme « Hogwarts meets Darwin meets dinosaurs » pour reprendre les termes d’une de ses publications sur Instagram. C’est d’ailleurs avec cette dernière que nous avons exploré le musée, et c’était très agréable de se laisser guider par quelqu’un qui connait bien les lieux.

Nous commençons par rendre visite à Hope, la baleine bleue dont le squelette occupe le vaste hall du musée depuis 2017. Elle y remplace Dippy le diplodocus, qui s’offre un petit tour du Royaume-Uni jusqu’en octobre 2020. La déception que j’avais ressentie en apprenant le départ du dinosaure disparaît dès l’instant où je découvre cette baleine suspendue à plusieurs mètres du sol, en position de plongée, à la fois sublime et impressionnante. De rapides recherches sur Internet m’apprennent que Hope est morte en 1891, sur une plage de Wexford, en Irlande, où elle s’est échouée après avoir été surprise par la marée basse. Elle n’était pas encore adulte et pourtant déjà immense: son squelette mesure plus de 25 mètres de long.

Natural History Museum
Cromwell Road
South Kensington, London

Entrée gratuite pour l’ensemble de l’exposition permanente.

www.nhm.ac.uk

Squelette de baleine bleue suspendue dans le grand hall d'accueil du Musée d'Histoire Naturelle de Londres

C’était la toute première fois que je visitais un grand musée d’histoire naturelle; habituellement, lors de mes visites de villes, je privilégie plutôt les musées d’art ou d’histoire. J’étais donc très intriguée et j’avais particulièrement hâte de découvrir la partie réservée aux dinosaures. C’est au final la totalité de la visite qui m’a enchantée, la richesse des collections mises en avant et des sujets abordés, le soin apporté à la scénographie. Et bien sûr le bâtiment lui-même, en particulier le grand hall qui évoque bel et bien ce que j’imagine de Poudlard, avec ses grands escaliers en pierre, ses galeries et ses colonnes sculptées.

Musée d'Histoire Naturelle de Londres Détail architectural du hall d'entrée du Musée d'Histoire Naturelle de LondresGrand hall d'entrée du Musée d'Histoire Naturelle de Londres Salle des minéraux du Musée d'Histoire Naturelle de Londres Salle des minéraux du Musée d'Histoire Naturelle de LondresSquelette de dinosaure exposé au Musée d'Histoire Naturelle de LondresSquelette d'un élan exposé au Musée d'Histoire Naturelle de Londres

Museum of the Moon

En chemin pour la galerie des dinosaures, nous croisons cette immense lune qui occupe une pièce à elle seule. Il s’agit d’une installation de l’artiste britannique Luke Jerram, un ballon gonflé à l’hélium de 7 mètres de diamètre. Plusieurs exemplaires voyagent à travers le monde depuis 2016, installés dans des musées, des cathédrales, parfois en plein air ou dans des lieux plus insolites. Je l’avais d’ailleurs déjà vue en photo mais j’ignorais complètement qu’elle se trouvait en ce moment à Londres. L’effet est saisissant et l’illusion parfaite, renforcée par l’éclairage à la fois sobre et très travaillé de la pièce qui l’abrite.

Si vous êtes à Londres cet été, plusieurs cours de yoga « sous la lune » sont organisés par le musée jusqu’en septembre. J’ai comme l’impression qu’il doit s’agir d’une expérience assez chouette.

L'installation "Museum of the Moon" de Luke Jerram au Musée d'Histoire Naturelle de Londres

The House of MinaLima

C’est encore à ma copine Charlie, qui est installée à Londres depuis bientôt trois ans, que je dois la découverte de House of MinaLima. Dans une petite rue de Soho, à deux pas du théâtre où est joué Harry Potter & the Cursed Child, on découvre la devanture rose vif de ce lieu incontournable quand on aime à la fois Harry Potter et le beau graphisme.

En 2002, les graphistes Miraphora Mina et Eduardo Lima décrochent un job de rêve: ils sont mandatés pour superviser la conception de tout l’univers graphique des adaptations cinématographiques de Harry Potter, d’après les descriptions présentes dans les livres. Maquettes du « Daily Prophet » et du « Quibbler », tickets pour le Poudlard Express, couvertures de livres de sorcellerie, affiches de Quidditch, Carte du Maraudeur, emballages de friandises vendues chez Honeydukes… Une quantité impressionnante de supports que l’on découvre étage après étage, tandis qu’on grimpe un escalier étroit en colimaçon. La visite est complètement libre, j’ai adoré pouvoir prendre mon temps, observer les détails de tous ces visuels et les clins d’œil qui s’y cachent, admirer la cohérence et la qualité de l’ensemble.

House of MinaLima
26 Greek Sreet
Soho, London

Entrée gratuite

minalima.com

Visite de House of MinaLima à Londres – Affiche "The Boy Who Lived"
Visite de House of MinaLima à Londres – Manchettes du "Daily Prophet" Visite de House of MinaLima à Londres – Enveloppes volantesVisite de House of MinaLima à Londres – Maquettes du "Quibbler"
Visite de House of MinaLima à Londres – Carte du Maraudeur, carte d'identité de sorcier, livres de magieVisite de House of MinaLima à Londres – Tas d'enveloppes s'échappant de la fente destinée au courrier Visite de House of MinaLima à Londres – Sélection de livres de magie Visite de House of MinaLima à Londres – Plaque "No entry – Troll in the dungeon"

The Camera Museum

C’est par un hasard complet que nous atterrissons dans ce petit café / boutique / musée, alors que nous déambulons dans le quartier du British Museum et que l’envie de nous poser un moment commence à se faire ressentir. Après avoir dégusté un jus de fruit frais (pomme gingembre, délicieux), nous descendons jeter un œil au petit musée qui se cache au sous-sol.

Nous y découvrons une collection composée de plusieurs centaines d’appareils photo anciens et de matériel cinématographique, dont certains vieux de plus de 100 ans. La majorité d’entre eux proviennent de la collection privée de Max Feldman, un passionné de photographie qui a passé plusieurs décennies à acquérir – et réparer si nécessaire – des appareils et autres équipements photographiques, dont il exposait une partie chez lui. À sa mort en 2016, ses proches ont décidé de faire don de cette large collection au petit musée, déjà réputé parmi les amateurs de photo analogique, afin que d’autres personnes puissent à leur tour en profiter.

Camera Museum
44 Museum Sreet
Holborn, London

Tarif: 1£ par personne (gratuit pour les enfants de moins de 10 ans)

www.cameramuseum.uk/museum-gallery

Visite du Camera Museum à Londres – Collection d'appareils photo anciensVisite du Camera Museum à Londres – Collection d'appareils photo anciensVisite du Camera Museum à Londres – Collection d'appareils photo anciens Visite du Camera Museum à Londres – Collection d'appareils photo anciens

« Wicked » à l’Apollo Victoria Theatre

Cette fois-ci, c’est mon amie Julie que je peux remercier pour sa recommandation très enthousiaste lorsque j’ai mentionné notre envie de profiter de notre passage à Londres pour aller voir une comédie musicale. Le pari était un poil risqué car mon mari n’est pas adepte des comédies musicales en général – mais je l’ai convaincu sans difficulté avec quelques photos du théâtre, qui est sublime – et que nous ne connaissions pas vraiment l’univers du Magicien d’Oz. Je connais les grandes lignes de l’histoire grâce au dessin animé que j’avais en VHS quand j’étais petite, mais aucun de nous n’a jamais vu le film de 1939, sur lequel la comédie musicale est basée. Ça aurait peut-être été un plus de le visionner auparavant, mais je ne pense pas non plus que c’était indispensable et ça ne m’a pas du tout empêchée d’apprécier la magie du spectacle auquel nous avons assisté.

Au final, la seule difficulté que j’ai rencontrée – et j’ai été bien déçue de m’en rendre compte – a été la compréhension des textes en anglais. Même si j’ai saisi l’essentiel de l’histoire et la majorité des dialogues parlés, j’ai eu l’impression de rater une partie de la subtilité des textes et j’ai sincèrement regretté de ne pas comprendre mieux les paroles des parties chantées. J’ai également été gênée par certains choix scénaristiques, en particulier ce qui concerne le traitement très discutable du handicap d’un des personnages. C’est vraiment dommage car dans l’ensemble, j’ai trouvé l’histoire de Wicked à la fois intéressante et racontée de manière originale. J’ai particulièrement aimé le fait que, malgré une romance très prévisible qui ne m’a pas émue plus que ça, la relation centrale est celle d’Elphaba et Glinda, les deux personnages principaux féminins. C’est très, très rare qu’une amitié féminine soit montrée comme la plus importante et déteminante dans la vie des personnages concernés, et c’est probablement ce qui m’a le plus touchée dans cette comédie musicale.

Malgré ses quelques défauts, et malgré la frustration de ne pas saisir tous les dialogues, j’ai été totalement transportée par la beauté de la musique, des décors, des jeux de lumière, et par le talent des comédiennes et comédiens présents sur scène ce soir-là.

Apollo Victoria Theatre
17 Wilton Road
Pimlico, London

www.theapollovictoria.com

Représentation de la comédie musicale "Wicked" au théâtre Apollo Victoria à Londres

Dennis Severs’ House

Nous avons passé nos dernières heures à Londres dans le quartier de Spitalfields, où nous avons dégusté un fabuleux full english breakfast végétalien (je vous en parlerai dans un prochain billet) avant de nous rendre à la maison de Dennis Severs, qui par chance était ouverte en ce lundi midi. Avant même d’entrer dans le bâtiment, la lanterne à gaz nous met dans l’ambiance et donne un petit aperçu du voyage dans le temps que nous nous apprêtons à effectuer. Mais avant ça, nous prenons une minute pour observer le contraste architectural qu’offre Folgate Street: au bout d’une rangée de maisons en briques rouges, chargées d’histoire, se dressent les premières tours de verre de la City. Deux visages de Londres, qui donnent l’impression de se tenir à la frontière entre deux époques.

Dennis Severs’ House
18 Folgate Street
Spitalfields, London

Tarif: 10£ par personne pour la visite de jour (dimanche après-midi et lundi midi) / 15£ pour la visite nocturne (lundi, mercredi et vendredi de 17h à 21h)

Réservation obligatoire pour la visite nocturne.

www.dennissevershouse.co.uk

Entrée de la maison-musée de Dennis Severs à Londres

À notre arrivée, l’employé qui nous accueille nous explique, à voix basse, que la visite s’effectue dans le silence, à la lumière des bougies. Et que les photos y sont interdites. Ma déception à ce sujet ne dure qu’un bref instant, car je me rends vite compte que c’est avant tout à ma propre expérience que cette interdiction est bénéfique, que je n’aurais pas pu me plonger réellement dans l’atmosphère des lieux en restant scotchée à mon appareil.

C’est une maison à l’abandon que Dennis Severs, artiste californien excentrique d’une trentaine d’années, acquiert en 1979. Pendant 20 ans, jusqu’à sa mort, il se consacre à la remettre en état et à réaménager les 10 pièces qui la composent. Il imagine la vie de plusieurs générations d’une même famille fictive, les Jervis, étalée entre 1725 et le début du 20e siècle. Dennis Severs désigne son travail comme un « still-life drama », un théâtre de nature morte.

Pour chaque pièce, il recueille des antiquités et compose une scène qui laisse penser que la maison est habitée; un œuf fraichement cassé dans une terrine tapissée de farine, une tasse de thé encore à moitié pleine, un repas à peine terminé, des lettres récemment ouvertes, un lit défait, une chaise renversée. Les premiers étages nous offrent un aperçu de la vie confortable que mènent les premières générations de la famille. Les pièces sont remplies de bibelots, de tableaux et d’objets précieux, la nourriture semble abondante, des vêtements luxueux sont accrochés aux meubles de la chambre à coucher, des senteurs de parfum et d’épices flottent dans l’air.

Et puis, en continuant de grimper, on découvre la misère que dissimulent les combles, celle des romans de Charles Dickens: deux petites pièces insalubres dans lesquelles dorment et vivent deux familles de locataires, les instructions strictes des propriétaires clouées au mur, mais aussi l’espoir de voir la société changer, en cette première moitié du 19e siècle, juste avant le couronnement de la reine Victoria.

J’ai lu quelque part qu’entrer dans cette maison, c’est comme pénétrer dans un tableau. Un tableau dont on découvre toutes les dimensions sensorielles; Dennis Severs n’a pas seulement travaillé l’aspect visuel du lieu, mais également les sons, les odeurs. Des odeurs de cannelle, de bois brûlé, de tabac, des pâtisseries sucrées, de moisissure, qui donnent vie à chaque scène et contribuent à ce sentiment que les occupants viennent tout juste de s’éclipser.


Sources et informations complémentaires

8 commentaires

  1. L&T

    Répondre

    J’ai également adoré le Highgate Cemetery qui est un lieu plein de charme et de mystère que j’ai trouvé étonnamment paisible.
    Coup de coeur pour le musée d’histoire naturelle et the house of minalima.
    Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter la maison de Denis Severs, mais c’est sur ma liste 😉

    https://thecosmicsam.com/category/voyages/royaume-uni/londres/

    1. Aline

      Répondre

      Merci beaucoup pour ton petit mot !

      Je crois que la visite de Highgate a été mon coup de cœur de ces quelques jours londoniens. J’ai été vraiment touchée par le calme et la beauté de ce lieu.

      La maison de Dennis Severs est une expérience vraiment intéressante qui change totalement de ce dont on a l’habitude (en tout cas en ce qui me concerne !). J’ai trouvé cet endroit fascinant, j’espère que ça te plaira quand tu auras l’occasion d’y aller !

      Je suis allée farfouiller dans tes billets londoniens, quel dommage que je ne les aie pas lus quand je préparais ce voyage. Je rajoute plein d’endroit à ma liste pour une prochaine escapade à Londres 😀

  2. Pauline

    Répondre

    J’adore ta visite différente de Londres, je ne connaissais aucun de ces lieux. Je n’ai jamais visité Londres, mais je garde dans un coin de la tête ces lieux loin de la foule (que je commence à détester moi aussi!)

    1. Aline

      Répondre

      Merci beaucoup pour ce petit mot, je suis ravie que la lecture de mon billet t’ait plu ! Et je te souhaite d’avoir l’occasion de visiter Londres, c’est une ville vraiment intéressante qui regorge de lieux à découvrir à l’écart des foules de visiteurs (ce que je trouve très très agréable) 🙂

  3. Marie

    Répondre

    Aaaah, ce petit délice que de savourer ce billet londonien avec mon premier thé du matin ! Tes photos sont ébouriffantes, ma nostalgie pour Londres vient de grandir de 5 points au moins ! ahah

    Sans surprise, j’ai adoré Highgate et le musée d’histoire naturelle (qui est le tout premier musée de Londres que j’ai visité, et qui m’a durablement marquée). J’y suis retournée à plusieurs reprises, et j’avais bien apprécié la visite des coulisses du musée, The Spirit Collection, qui vaut le détour.

    La maison de Dennis Severs est en bonne place sur ma wishlist pour la prochaine fois ! Hélas de plus en plus de lieux interdisent les photos, je comprends l’angoisse des commerçants de voir les photos exposées sur le net et le nombre de visiteurs et visiteuses décroître. Mais bon, ne pas voir ce qu’il y a à l’intérieur peut en rebuter certain·es (d’autant que le prix du ticket d’entrée n’est pas donné).

    Maintenant que tu as commencé ta découverte des Magnificent Seven, il va te falloir tous les visiter, c’est la règle ! 😉 Ce sont de bons prétextes pour découvrir des coins de Londres moins touristiques, justement.

    1. Aline

      Répondre

      Merci 1000 fois pour ce commentaire qui me fait tellement plaisir <3

      J'ai beaucoup pensé à toi en me baladant à Highgate et ça m'a effectivement donné très envie de découvrir les autres Magnificent Seven. D'une manière générale, cette visite de Londres m'a donné très envie d'y revenir en ayant un peu plus de temps à disposition, moins de deux jours pour explorer la ville c'était vraiment court et il y a plein d'endroits où j'aurais adoré aller mais qui ne rentraient pas du tout dans notre timing. Ca sera pour une prochaine fois – même si bon, c'est une sacrée expédition d'aller à Londres depuis chez nous, ça attendra un peu ^^'

      La visite "Behind the scenes" du Musée d'histoire naturelle a l'air incroyable *.* On n'aurait clairement pas eu le temps cette fois-ci, mais j'en prends bonne note pour une prochaine fois !

      La visite de la maison de Dennis Severs est une expérience vraiment surprenante et je pense que ça te plairait beaucoup. Concernant l'interdiction des photos, ma frustration m'a d'abord fait râler un peu, mais en y réfléchissant je pense que je comprends leur démarche. J'y vois une volonté de préserver l'expérience du lieu, qui passe aussi par son côté un peu mystérieux. D'ailleurs je ne suis pas convaincue que voir des photos d'un endroit comme celui-là sur Internet aurait pour effet de faire décroitre le nombre de visiteurs; personnellement en tout cas, c'est justement après avoir vu une vidéo que j'ai eu envie d'y aller. On trouve d'ailleurs quand même quelques photos en ligne, qui illustrent des articles de presse et donnent un petit aperçu du lieu.

  4. Irène

    Répondre

    Je fais une mini halte à Londres la semaine prochaine, je pense qu’après avoir jeté mes affaires à l’hotel ou au Airbnb (ou au couchsurfing, j’ai pas réglé ça encore ^^), je vais aller me faire un ptit tour Harry Potter aha ! Je vais aller direct à la House of MinaLima, je me suis promenée sur leur site avec des étoiles dans les yeux

    1. Aline

      Répondre

      House of MinaLima c’est vraiment une très chouette visite, j’en ai pris plein les yeux ! J’espère que ça te plaira ^^

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