Trois ans de végétarisme: bilan et évolution de mon rapport aux animaux ♥

Piemo et Odessa, un jeune veau et une vache tous deux rescapés de l'industrie laitière et pensionnaires du Tierarche Seeland
Odessa et Piemo, une vache et un jeune veau rescapés de l’industrie laitière. À six ans, Odessa ne tombait plus enceinte; ne pouvant plus remplir sa fonction de vache laitière, elle était destinée à l’abattoir. Piemo quant à lui a été sauvé d’un élevage voisin; au moment de cette photo, il avait quatre mois, soit bientôt l’âge auquel il aurait dû être tué. À son arrivée au Tierarche, il a naturellement recherché l’affection qu’il n’a jamais pu recevoir de sa mère auprès des autres vaches pensionnaires, notamment auprès d’Odessa, qui n’a pour sa part jamais pu s’occuper d’un de ses petits. Piemo a aujourd’hui dix mois, et tous deux sont toujours inséparables.

Cet article est illustré avec des photos prises en mai dernier lors de ma visite du Tierarche Seeland, un sanctuaire pour animaux situé dans la région agricole du Seeland (canton de Berne). Il s’agit d’une ancienne ferme laitière, active depuis deux siècles, dans laquelle Urs Marti a grandi. En 2017 se pose la question de la reprise de l’exploitation familiale. Lui-même végane depuis une quinzaine d’années, Urs décide alors d’arrêter l’élevage; les 27 hectares du domaine sont désormais consacré à la culture biologique de céréales, de légumineuses et de légumes. Les anciennes vaches laitières, les jeunes veaux et les taureaux peuvent quant à eux y couler des jours heureux, sans être exploités.

Ce projet me touche énormément, il montre que c’est possible pour les éleveur·euse·s de se réorienter professionnellement, d’arrêter d’exploiter les animaux, de penser l’agriculture autrement. On peut soutenir financièrement Urs et sa famille en achetant les produits de leur ferme (leurs lentilles vertes sont délicieuses), au moyen d’un don ou en parrainant un animal. Mon mari et moi sommes d’ailleurs « parrain et marraine partiels » de Piemo, le jeune veau présent sur la photo ci-dessus ♥︎.

Si vous avez envie d’en savoir plus sur le sanctuaire du Seeland, je vous conseille la lecture de ce bel article de ma copine Tina: La ferme pour animaux rescapés du Seeland, ou de celui publié l’année dernière par Veggie Romandie: Un couple de jeunes bernois véganise la ferme familiale.

Cet automne, cela fait trois ans que j’ai mangé de la viande pour la dernière fois. Comme l’année dernière et celle d’avant, j’ai envie, à cette occasion, de dresser un petit bilan de l’évolution de mon alimentation, mais aussi de toutes les réflexions que ce cheminement a engendrées.

Il y a bientôt quatre ans, ma décision de limiter, dans un premier temps, ma consommation de chair animale était motivée avant tout par des raisons écologiques. J’étais sensible aux questions éthiques liées à l’industrie de la viande, mais je me préoccupais avant tout de son impact sur l’environnement et le changement climatique. Je pensais qu’il était acceptable de manger des animaux pour peu que cette consommation reste raisonnable et que les animaux en question aient eu une vie « agréable », qu’ils aient été bien traités. À cette époque, j’achetais de la viande estampillée de divers labels censés garantir ces fameuses conditions de vie « acceptables », tout en esquivant la question de savoir à quoi ressemblait réellement le quotidien des animaux d’élevage. Je défendais ce choix en affirmant que c’était quand même mieux que l’élevage industriel (aujourd’hui, je dirais que c’est « moins pire »), et j’enfilais mes œillères lorsque j’étais confrontée au fait que peu importe le label, peu importe la qualité de vie qu’on imagine et qu’on espère pour eux, les animaux que l’on mange finissent tous leur vie de manière prématurée et violente dans des abattoirs sordides. Je grognais quand je lisais des messages militants qui argumentaient qu’il n’y a pas de « mort bio » ou de « mort éthique », je trouvais cette position extrémiste.

Insolente Veggie, "La mort bio"
© Insolente Veggie, La mort bio

Avec le recul, j’ai compris que l’argent que je dépensais pour de la viande labellisée « issue d’animaux heureux » servait surtout à m’acheter une bonne conscience. J’estime néanmoins qu’il s’agissait pour moi d’un passage nécessaire, probablement indispensable, d’une première étape avant d’aller plus loin.

Il n’y a pas de viande heureuse, tuer sans douleur n’est pas possible, parler de bien-être dans les abattoirs est de la pure propagande. Un agneau qui est tué pour être servi à table n’en a rien à faire de nos bons sentiments. Défendre les petits producteurs, défendre l’abattage à la ferme, c’est toujours trouver des excuses pour continuer le massacre des animaux.

Martin Page, Les animaux ne sont pas comestibles

C’est le début de ma transition végétarienne qui m’a fait prendre conscience du rapport étrange que j’entretenais avec les animaux. J’avais l’impression de les aimer globalement, je m’émouvais devant des documentaires animaliers (surtout s’il y avait des pandas roux ♥︎) et pleurais à chaudes larmes dès qu’un animal était tué dans un film (c’est mon traumatisme « Danse avec les loups »). Je faisais néanmoins une nette distinction entre mes deux petits chats d’amour et les vaches qui finissaient dans les frigos du supermarché sous forme de steak haché. Je souhaitais que les vaches en question, que les cochons, les poules et les poissons, souffrent le moins possible, mais je continuais de penser que les tuer pour manger leur viande était normal et naturel. Après tout, l’être humain s’alimente ainsi depuis toujours, et chacun fait bien ce qu’il veut. Il m’a fallu un gros travail de documentation et surtout de déconstruction pour réaliser que ce qui est considéré comme « normal », ce qui est habituel, n’est pas pour autant moralement défendable.

Dans notre société spéciste et capitaliste, la « normalité » c’est de traiter des êtres vivants, qui ressentent des émotions, du stress, de la douleur, comme des marchandises. De ne leur accorder d’importance que pour leur valeur financière. De prétendre les aimer, et de les envoyer à la mort dès qu’ils deviennent moins rentables. De parler d’un produit de grande qualité en oubliant que derrière cette entrecôte de bœuf ou ces filets de perches, il y avait des individus. D’infliger à des vaches, des poules, et des cochons un traitement qu’on jugerait monstrueux et intolérable s’il s’agissait de chats ou de chiens.

Aujourd’hui, je ne suis plus d’accord avec ça. Les animaux devraient avoir le droit de vivre et de ne pas être maltraités, peu importe l’espèce à laquelle ils appartiennent.

Je ne considère plus qu’il soit acceptable de consommer des aliments qui nécessitent de tuer ou de faire souffrir des animaux, du moment qu’on peut s’en passer. Or, c’est mon cas: j’ai la chance d’être en bonne santé et d’avoir accès à une profusion d’aliments végétaux de qualité. J’ai le choix. Je peux décider de ne plus cautionner la cruauté qu’engendre la consommation d’animaux, de leur lait, de leurs œufs. Je peux décider que mon goût pour les sushis et la fondue ne justifie pas les souffrances et la mort d’individus qui voudraient vivre. Et soyons honnête: c’est également le cas de la plupart des gens que je connais. Oh je ne prétends pas qu’adopter une alimentation végétarienne, ou végétalienne, soit facile. Ça implique de revoir en profondeur des habitudes solidement ancrées dans notre culture, qui font partie de notre quotidien. Ça demande du temps et de l’énergie. Et si certain·e·s deviennent véganes du jour au lendemain, il s’agit dans mon cas d’un processus long et pas toujours simple. Un processus dans lequel j’avance à mon rythme, sans savoir quand j’atteindrai mon objectif, mais avec la certitude que je ne voudrais pour rien au monde faire machine arrière.

L’argument de base est simple. S’il est possible de vivre sans infliger de souffrances non nécessaires aux animaux, alors nous devrions le faire.

Martin Gibert, Voir son steak comme un animal mort
Les vaches rescapées du Tierarche Seeland
Luca, un jeune taureau de quatre ans, pensionnaire du Tierarche Seeland. Dans l’industrie laitière, les mâles n’ont pas d’autre « utilité » que celle de venir au monde pour que leur mère produise du lait. Ils sont donc séparés de celle-ci quelques jours – voire quelques heures – après leur naissance, et tués à partir de 5 mois pour produire de la viande. L’espérance de vie d’une vache peut atteindre 25 à 30 ans; pourtant, dans les élevages, les mâles ne vivent jamais plus d’un an. Les vaches laitières ou allaitantes, quant à elles, sont généralement envoyées à l’abattoir entre 5 et 9 ans, lorsque leur capacité à tomber enceinte et à produire du lait diminue.

Ma progression vers le végétalisme

Il y a presque trois ans, je concluais le bilan de mes premiers mois de végétarisme par cette question: « Et le végétalisme ? ». À l’époque, je considérais déjà qu’il s’agissait de la suite logique et cohérente de ma démarche, mais c’était encore trop tôt, je ne m’en sentais pas le courage. Depuis, j’ai fait plusieurs défis végétaliens, d’abord une semaine, puis 21 jours, et un mois entier depuis début novembre à l’occasion du Mois Végane Romand. La première semaine, en mai 2016, avait été plutôt compliquée, j’avais ressenti d’énormes frustrations. Malgré tout, j’étais déterminée à continuer ma progression; j’ai pris note des points problématiques, j’ai fait des recherches, testé de nouveaux aliments végétaux, de nouvelles recettes, et lorsque j’ai tenté le coup une nouvelle fois, six mois plus tard, l’expérience m’avait déjà parue beaucoup plus facile.

En mai 2017, après ma lecture du livre Le défi végane 21 jours d’Élise Desaulniers, je décidais de me lancer dans ce challenge sans aucune préparation. Trois semaines, ça me semblais long, surtout que j’avais plusieurs repas planifiés à l’extérieur dans ce laps de temps. Mais qu’importe, c’était aussi l’occasion de voir si manger végétalien hors de chez moi était vraiment si compliqué que je l’imaginais. Je ne vous cache pas la fierté que j’ai ressentie lorsque je suis arrivée au bout de ces 21 jours presque sans écarts, à l’exception seulement de deux repas pris dans ma famille et celle de mon conjoint.

Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, mais ce défi m’a permis d’aborder une nouvelle étape dans ma transition alimentaire: dans les mois qui ont suivi, mon mari et moi avons peu à peu supprimé de notre cuisine les derniers produits d’origine animale que nous utilisions encore régulièrement. Bye parmesan râpé, béchamel au lait de vache, mayonnaise et œufs brouillés; depuis environ un an, nos repas pris à la maison sont 100% végétaliens. Ça s’est fait de manière tellement naturelle qu’on l’a à peine remarqué. Nos habitudes ont changé progressivement, et sont à présent totalement ancrées dans notre manière de cuisiner.

Une dernière exception pour l’instant: le miel, que nous ne consommons néanmoins plus que de manière occasionnelle, et que nous achetons auprès de petits producteurs de notre région (j’évite en revanche les produits transformés qui en contiennent, afin de ne pas encourager la production de miel industriel). Je consomme également encore des produits animaux à l’extérieur de chez moi, même si j’essaie de l’éviter le plus possible.

Quand on préfère le goût du bacon à la vie d’une truie, on méprise l’intérêt d’un individu capable de vivre et de souffrir, parce qu’il est d’une autre espèce que la nôtre et qu’on apprécie le goût de sa chair.

Élise Desaulniers, Le Défi végane 21 jours

Une alimentation végétalienne au quotidien: difficile ou pas ?

La cuisine végétale n’est, en soit, pas plus compliquée que la cuisine « traditionnelle » basée sur les produits animaux; c’est avant tout une question d’habitudes. Et ça tombe bien, les habitudes, ça peut changer. Il y a cinq ans, je n’avais jamais cuisiné de lentilles, d’ailleurs je détestais ça. Pareil pour les autres légumineuses: elles n’avaient jamais fait partie de mes habitudes alimentaires, j’ignorais comment les apprêter et j’avais beaucoup d’à priori à leur sujet. Mes premiers essais de plats contenant des lentilles, des pois chiches et du tofu se sont soldées par des échecs lamentables. Il m’a fallu du temps pour apprivoiser ces nouveaux aliments, alors j’y suis allée petit à petit, sans chercher à révolutionner mon alimentation du jour au lendemain. J’ai acheté quelques livres de recettes, découvert de chouettes blogs végétariens et végétaliens, glané des conseils auprès d’amies un peu plus audacieuses que moi. Au fur et à mesure que j’apprivoisais cette nouvelle manière de cuisiner, j’ai également appris à aimer de nouvelles saveurs. Et croyez-moi, si j’ai pu me mettre à aimer les lentilles, les haricots et les choux de Bruxelles, c’est bien la preuve que nos goûts évoluent et qu’on peut éduquer notre palais.

Pour moi, la vraie difficulté d’une alimentation végétalienne ne se trouve pas dans ma cuisine, mais à l’extérieur de chez moi. À cause du manque de choix dans la plupart des restaurants, mais aussi à cause des réactions que je rencontre parfois dans mon entourage. Parler de végétarisme, de végétalisme ou de véganisme n’est jamais simple; les personnes en face de nous ne sont pas toujours réceptives, se sentent parfois heurtées par nos choix et nos prises de position.

Au cours des derniers mois, j’ai été confrontée à des réaction assez radicalement opposées: beaucoup de bienveillance et une réelle curiosité de la part de certaines personnes, et un rejet assez violent de la part d’autres. J’ai eu quelques discussions par très agréables, qui ont parfois même frôlé la dispute, avec des personnes qui me sont chères. On m’a reproché d’être moralisatrice et culpabilisante… alors que je m’efforce au contraire de ne jamais discuter l’alimentation des autres, de ne jamais être dans le jugement individuel. Le contenu de mon assiette, en revanche, est systématiquement l’objet de commentaires, et j’avoue que j’aimerais parfois pouvoir juste manger tranquillement, sans entrer dans des débats stériles et remplis de mauvaise foi sur la souffrance des végétaux, la provenance du soja qui a servi à produire mon tofu, ou l’impact des quelques rouleaux de pâte feuilletée industrielle que j’achète par année et qui contient de l’huile de palme.

Quand je me retrouve face à ces petites difficultés, quand il m’arrive de me demander si tout ça en vaut vraiment la peine, je m’efforce de prendre du recul, de relativiser et surtout de me souvenir que « tout ça », je le fais pour eux. Eux qui, alors qu’ils tiennent à peine sur leur pattes, cherchent en vain la présence rassurante de leur mère et un pis pour téter; eux qui sont broyés vivants quelques jours ou quelques heures après leur naissance; elles qu’on exploite pour leur capacité reproductrice, à qui on enlève leurs petits avant de leur voler le lait qu’elles produisent pour eux; eux qui vivent entassé·e·s, mutilé·e·s, malades, et qui ne verront jamais la lumière du jour; eux qui ont connu le bonheur de courir dans les pâturages, de se rouler dans l’herbe ou dans la boue, et qui sont néanmoins destinés à une mort cruelle et violente, alors qu’ils n’auront même pas atteint l’âge adulte; eux qui subissent une lente agonie, privés d’eau et d’oxygène, dont on ne comprend par la douleur muette. Pour elle, aussi, toujours, dont on rase les forêts, dont on pille les ressources, qu’on asphyxie chaque jour un peu plus sous les pesticides, le dioxyde de carbone et les émanations de méthane. Parce que tu comprends, le steak et le gruyère, c’est tellement bon.

Les vaches rescapées du Tierarche Seeland
Linda, Samantha et Odessa, avec leurs petits Luigi, Selyma et Piemo. Ici, tous les animaux ont un nom, une histoire. Ce sont des individus avec chacun sa personnalité – nous l’avons bien remarqué pendant notre visite du sanctuaire: il y a ceux qui s’en foutent royalement, ceux qui viennent réclamer des caresses de manière aussi insistante d’un chat, les petits curieux qui veulent jouer. Tous et toutes semblent néanmoins se rejoindre sur le plaisir de savourer de la bonne herbe fraiche !

Une personne de mon entourage m’a dit récemment qu’elle ne pourrait jamais au grand jamais devenir végane, mais qu’elle ne doutait pas qu’il s’agisse du bon choix pour moi. J’aimerais dire à cette personne qu’elle se trompe. Prendre ce chemin-là, c’est ouvrir les yeux sur une horreur et une absurdité qu’il était bien plus confortable de ne pas voir. Je n’ai personnellement rien à y gagner, à part d’être en accord avec mes valeurs. Je n’ai pas décidé de m’orienter vers le végétarisme, puis peu à peu vers le véganisme pour moi-même. J’ai fais ce choix parce que je crois sincèrement qu’il est juste et indispensable.

J’aimerais lui dire aussi qu’il n’est pas nécessaire d’être parfait·e pour avoir un impact. Que si renoncer complètement au fromage ou au chocolat au lait semble inimaginable, on peut déjà faire des efforts sur tout le reste. Et que malgré toutes les bonnes raisons, malgré toute ma bonne volonté, il y a des jours où c’est difficile. Des jours où je craque, au nom des traditions familiales, par peur de m’isoler socialement, parce que je n’ai pas l’énergie de débattre du contenu de mon assiette. Des jours où je m’offre une pâtisserie qui contient du beurre malgré tout ce que je sais de l’industrie laitière, des jours où je n’ai pas envie de dire non au gâteau préparé par un membre de ma famille. Ce qui ne m’empêche pas de continuer à m’instruire sur les questions d’éthique animale, d’en parler autour de moi, et surtout de souhaiter qu’un jour, l’exploitation et l’abattage injustifiés des animaux viennent à être interdits.

Et le véganisme ?

J’ai choisi de ne parler, dans ce billet, que de l’aspect alimentaire du véganisme. Pas par désintérêt pour les autres secteurs concernés par l’exploitation animale, mais surtout car j’en suis encore au tout début de mes propres recherches sur le sujet. J’ai déjà cessé d’acheter des vêtements contenant du cuir ou de la laine, je n’ai pas mis les pieds au cirque depuis pas loin de vingt ans, je m’efforce de privilégier des marques véganes qui bannissent les tests sur les animaux pour mes produits cosmétiques et ménagers (voir cette liste très complète dressée par Lucile du blog La Petite Noisette).

Je suis convaincue que dans un pays comme la Suisse, rien de tout ça n’est nécessaire. Je pense aussi que, comme dans d’autres domaines, dès qu’on se pose la question de « faire mieux » – pour l’environnement, pour les humains, pour les animaux – on peut vite se sentir totalement dépassé·e par la montagne que représente la consommation éthique et responsable. Alors à nouveau, j’y vais à mon rythme, en évitant de culpabiliser et en me rappelant qu’il est de toute façon impossible de consommer de manière irréprochable, de n’avoir aucun impact négatif sur la planète ou la vie animale. Je pense qu’il est important de garder en tête que, si nos gestes quotidiens en faveur des animaux ou de l’environnement sont bien sûr importants et nécessaires, l’ensemble de l’exploitation animale ne repose pas sur nos seules épaules. Il s’agit d’une question qui dépasse nos choix individuels, une question qui ne sera pas résolue sans décisions politiques.

À mon échelle, sans viser la « perfection » et la pureté végane, sans me flageller pour un croissant occasionnel, je suis déterminée à continuer de me documenter et à explorer les multiples possibilités qui s’offrent à nous pour transitionner vers une société plus juste, vers plus de compassion à l’égard des espèces différentes de la nôtre. Pour la survie de notre planète, mais surtout pour Piemo, pour Odessa, pour les 60 milliards d’animaux terrestres et les centaines de milliards de poissons tués chaque année à travers le monde pour être consommés.

Pour aller plus loin

Pour clore ce billet, voici quelques articles glanés au fil des mes lectures sur le web qui offrent des ressources et des pistes de réflexion intéressantes autour de l’alimentation végétale, du véganisme, de l’antispécisme.

7 commentaires

  1. Irène

    Répondre

    Que des super ressources dis-donc ! (Et que des blogs que je suis assidûment)
    Cheminement très similaire pour ma part, de mon côté ça doit faire cinq ans et demi que je suis devenue végétarienne un truc comme ça, et un an et demi que je suis à peu près végane (enfin disons végane mais mes complexes de légitimité jouent aha… J’ai dû manger quelques fois des trucs avec du miel dedans en dépannage, j’ai re mangé des oeufs deux ou trois fois à Madagascar, une fois des moules en bord de mer, mais mon quotidien est définitivement végétalien). Le livre Planète végane est top aussi pour cheminer vers le véganisme ou juste pour y réfléchir, super complet et bienveillant, c’est même un bon cadeau pour un entourage qui aurait du mal à comprendre

    1. Aline

      Répondre

      Merci beaucoup Irène d’avoir pris le temps de me lire et de me laisser ce petit mot !

      Je me souviens qu’on avait échangé un peu à ce sujet sur Instagram quand tu as décidé de sauter le pas, après ta lecture de « Planète Végane » 🙂 Je venais pour ma part de terminer le défi végane 21 jours, et quand je vois le chemin parcouru depuis je suis vraiment contente de constater que je progresse continuellement. J’ai également beaucoup aimé le livre d’Ophélie Véron, je l’ai terminé la semaine passée. Ophélie est tellement brillante et bienveillante, j’adore son blog et j’ai aimé que son livre apporte des solutions concrètes à des problèmes qui peuvent être bloquants quand on veut cheminer vers le véganisme. J’ai trouvé cette lecture vraiment très encourageante (bon par contre ce n’est malheureusement pas demain la veille que j’offrirai un bouquin qui parle de véganisme et de cause animale à mes proches, le simple fait d’en parler occasionnellement et de proposer des menus végétaliens est déjà vécu comme du prosélytisme par ma famille…).

      1. Irène

        Répondre

        Oui je me souviens, j’avais pas mal posté là dessus ^^ ! Je comprends ce que tu veux dire, les cadeaux engagés c’est toujours délicat : c’est bien quand on sait que c’est des personnes qui s’y intéressent déjà un peu, mais ça peut aussi être mal pris…

  2. Marion Maillet

    Répondre

    Bel article et super bilan, bien complet à la fois sur tes ressentis, ton rapport aux autres et ce vers quoi tu penses tendre désormais 🙂
    Tu dis  » Je n’ai personnellement rien à y gagner, à part d’être en accord avec mes valeurs. « , je trouve cela à la fois très juste – je ressens également cela – mais je me dis que c’est déjà énorme.

    Par rapport à la pureté végane, c’est vrai que quoi qu’on fasse, on se fera parfois invectiver. Les omni ou végétariens qui peuvent se sentir coupables de ne pas être végétaliens nous agressent de temps en temps sur notre voiture, notre ordinateur etc, en prétendant qu’on n’est pas parfait. Mais personne ne l’est, en revanche ne rien faire est vraiment nul alors que faire des efforts même 50% du temps, c’est déjà bien.
    De l’autre côté, il y a la police végane qui est souvent bien agressive également … Je n’y ai encore jamais eu à faire mais j’évite à vraie dire les discussions avec certain.e.s véganes, pas envie de me prendre des réflexions sur l’alimentation carnée que je donne à mes chats par exemple.

    Je viens de découvrir ton blog et c’est une belle découverte, à bientôt donc !

    1. Aline

      Répondre

      Merci 1000 fois pour ton commentaire 🙂

      C’est rigolo, je viens également de découvrir ton blog par l’intermédiaire d’Irène, très belle découverte également !

      Les omni ou végétariens qui peuvent se sentir coupables de ne pas être végétaliens nous agressent de temps en temps sur notre voiture, notre ordinateur etc, en prétendant qu’on n’est pas parfait. Mais personne ne l’est, en revanche ne rien faire est vraiment nul alors que faire des efforts même 50% du temps, c’est déjà bien.

      Je suis TELLEMENT d’accord avec ça. J’ai l’impression que dès qu’on essaie de s’améliorer sur quelque chose, il y aura toujours quelqu’un pour râler que ça ne sert à rien… Il y a deux ou trois ans, une personne de ma famille a décidé qu’elle ne mangerait plus de foie gras. Elle est loin d’être végétarienne, mais trouvait qu’un truc aussi occasionnel que le foie gras, elle pouvait bien s’en passer vu ce que ça implique pour les animaux. J’ai trouvé ça vraiment super, je pense que c’est déjà un pas vers la réalisation qu’on n’a pas BESOIN de consommer des produits animaux. Par contre son mec, encore moins végé qu’elle mais qui a un avis sur tout, lui a fait la remarque que c’est super hypocrite car tout le reste du temps elle s’en fout du sort des animaux. Alors quoi ? Personne ne fait rien parce que de toute façon c’est impossible d’être parfait·e et que ça ne sert à rien ? Ce genre de raisonnement me désespère, surtout quand il sert justement d’excuse pour ne pas du tout remettre en question nos habitudes et nos modes de consommation…

      Et pour le coup je trouve encore plus dingues les attaques de la fameuse « police végane » à l’encontre notamment des végétarien·ne·s… C’est déjà un pas énorme et tout le monde gagnerait à arrêter ces petites guéguerre de qui fait mieux que qui et à s’encourager mutuellement.

  3. Marie

    Répondre

    Merci d’avoir pris le temps de dresser ce bilan (que je trouve assez personnel), et aussi pour les conseils et les nombreuses ressources à la fin. Cela alimente ma réflexion, et mon envie de consommer de plus en plus de repas végétariens en 2019.

    Si je fais le point sur mon année 2018 d’un point de vue numérique, je réalise qu’un de tes précédents billets sur le sujet a donné lieu à une dispute assez vive avec une de mes connaissances. Cela a eu lieu il y a déjà quelques mois, néanmoins je m’interroge toujours sur cette étonnante haine que suscite le véganisme de la part de certaines personnes omni, qui montent tout de suite dans les tours et ressentent le besoin d’insulter celles et ceux qui ont fait le choix d’un mode de vie respectueux des animaux.

    Je pense commencer à lire des livres sur le sujet l’année prochaine, pour affûter mes arguments dans ce genre de cas – et ce type de billet me sera d’une aide précieuse. 🙂

    1. Aline

      Répondre

      Merci à toi pour ton petit mot qui me touche énormément <3 J'ai toujours terriblement peur de mal m'y prendre et d'être maladroite lorsque je parle de végétarisme, de végétalisme et du sort des animaux d'élevage. Je suis donc très heureuse de savoir que ce genre de billet est reçu de manière positive et qu'il peut être utile à des personnes comme toi qui réfléchissent à la question.

      Si je fais le point sur mon année 2018 d’un point de vue numérique, je réalise qu’un de tes précédents billets sur le sujet a donné lieu à une dispute assez vive avec une de mes connaissances. Cela a eu lieu il y a déjà quelques mois, néanmoins je m’interroge toujours sur cette étonnante haine que suscite le véganisme de la part de certaines personnes omni, qui montent tout de suite dans les tours et ressentent le besoin d’insulter celles et ceux qui ont fait le choix d’un mode de vie respectueux des animaux.

      Oh j’ignorais que tu la connaissais. J’avoue qu’après avoir relu son billet de nombreuses fois à l’époque, je n’ai jamais réussi à comprendre son ressenti. Ça m’a même mise plutôt en colère de voir mes propos à ce point détournés et sortis de leur contexte… au final elle me faisait plus ou moins dire l’exact inverse de ce que j’exprimais dans ma revue du livre de Martin Page (livre qui est, d’ailleurs, considéré comme trop complaisant à l’égard des omnis et des végétarien·ne·s par certaines personnes véganes, parce que son auteur prône justement la tolérance et la bienveillance).

      Personnellement, je vois dans cette agressivité à l’égard des personnes végétariennes, végétaliennes ou véganes de la part de certain·e·s omnis une manifestation de leur propre culpabilité. Je dis ça en connaissance de cause, car j’ai eu ce genre de comportement (sans aller jusqu’aux insultes hein quand même). Je me souviens qu’il y a quelques années, une de mes cousines, qui n’est pas végétarienne mais consomme très peu de produits animaux (et cuisine de merveilleux plats végétaliens lorsque je mange chez elle <3) avait apporté du tofu à une grillade familiale. À l'époque je réfléchissais déjà beaucoup à la possibilité de devenir végétarienne, mais j'avais du mal à envisager la mise en pratique parce que j'avais l'impression que je ne pourrais pas me passer de viande et de poisson (et que dire du fromage). Du coup j'avais eu une réaction un peu nulle et moqueuse, parce que j'étais confrontée au fait que si ma cousine pouvait manger du tofu plutôt que des saucisses de porc, j'aurais pu le faire aussi et que ce n'était pas le cas. Me moquer était une manière de faire taire ma mauvaise conscience, je pense qu'il y a une part de ça aussi pour les personnes qui se réfugient derrière la mauvaise foi ou dans une attitude agressive. Dans un sens c'est plus facile que de décider de changer notre façon d'agir.

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